Charles de Saint-Évremond
Biographie :
Homme de lettres, moraliste et critique libertin français ondoyé le 5 janvier 1614 à Saint-Denis-le-Gast en Basse-Normandie, Charles de Saint-Évremond est mort le 29 septembre 1703 exilé à Londres. Admiré en France et à l'étranger pour son esprit, son talent et l'originalité de sa pensée, Charles de Saint-Évremond appartient à la catégorie d'honnêtes gens qu'on appelait communément à l'époque les libertins épicuriens. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 41 citations de Charles de Saint-Évremond :
Plus je côtoie les hommes, plus ils me dégoûtent.
Il est certain que la plupart des femmes doivent plus à nos adulations qu'à leur mérite, en toutes les louanges qui leur sont données.
On trouve d'illustres scélérats, mais il ne fut jamais d'illustre avare.
L'honnête homme est discret, il remarque les défauts d'autrui, mais il n'en parle jamais.
Dans une faute d'erreur, pardonner est une justice à notre nature défectueuse.
Il y a des temps où rien n'est si sage que de savoir se retirer.
L'esprit s'aveugle en aimant, et l'amour n'a presque jamais bien établi son pouvoir qu'après avoir ruiné celui de notre raison.
La plus belle amitié qui naît dans le monde est celle qui se forme au sein des familles. L'habitude continuelle d'être toujours ensemble, et d'être du même sang ; les mêmes sentiments dans lesquels on est élevé, la conformité que l'on a les uns avec les autres, le partage des secrets intimes, des affaires, des soucis et des intérêts : toutes ces choses contribuent autant à sa naissance que la nature.
La conversation de deux amis rend leurs biens et leurs maux communs. Elle augmente leur plaisir et diminue leurs peines, rien ne soulage tant la douleur que la liberté de se plaindre.
Il n'y a rien qui contribue plus à la douceur de la vie que l'amitié, mais il n'y a rien qui trouble plus le repos que les amis, si nous n'avons pas assez de discernement pour les choisir.
Quand on parle de la véritable amitié, on veut qu'elle ne soit qu'entre deux personnes, qu'elle soit des années entières à se former, que la vertu en soit la base, et qu'elle dure toujours. Les auteurs triomphent sur ce portrait, mais ils n'en ont jamais vu l'original.
Le grand commerce du monde empêche toute attention quand on est jeune. Tout ce que nous voyons alors en autrui ne nous laisse pas bien examiner ce que nous sentons en nous-mêmes.
On voit souvent en des personnes avec qui on a des raisons d'intérêt, le solide et l'ennuyeux, l'agrément et le peu de sens, la science et le ridicule, il faut démêler tout cela.
À la réserve de quelques âmes véritablement fortes qui n'agissent que pour la satisfaction de leur conscience, tous les hommes font pour l'éclat ce qu'ils devraient faire pour la vertu.
La croyance d'un Dieu fait le fondement de tous nos plaisirs, et le sentiment qu'on en a ne laisse jamais un homme sans satisfaction dans le bonheur, ni sans consolation dans la misère.
La générosité est une vertu admirable, c'est le mouvement d'une âme véritablement noble.
L'ingratitude du cœur est de toutes les ingratitudes la plus contraire à l'humanité.
L'amitié a des nœuds qui unifient, et non pas des chaînes qui lient.
De la plus douce raillerie à l'offense, il n'y a souvent qu'un pas.
Tant que nous aurons de l'argent dans nos coffres, nous aurons des amis et des serviteurs assurés.
L'expérience se forme avec l'âge, et la sagesse est communément le fruit de l'expérience.
L'étude commence un honnête homme, le commerce du monde l'achève.
On tire davantage de services par les promesses que par les présents.
Quiconque attend un malheur certain, peut déjà se dire malheureux.
L'air modeste sied beaucoup mieux que ce qu'on nomme le bel air.
Il y a des insinuations honnêtes, dont le moins artificieux se peut servir ; Il y a des complaisances aussi éloignées de l'adulation que de la rudesse.
On voit rarement dans les hommes que tout soit vertu, tout soit vice.
La charité nous fait assister et secourir, quand la justice nous défend de faire injure.
Si l'amour-propre a ses ingrats présomptueux, la défiance de mérite a d'imbéciles reconnaissants qui reçoivent pour une faveur particulière la pure justice qu'on leur rend.
Il y a des âmes basses qui se tiennent obligées de tout, comme il y a des humeurs vaines qui ne se tiennent obligées de rien.
L'âme ingrate est portée d'elle-même, sans aucun motif, à ne pas répondre aux grâces qu'elle reçoit.
Le plus grand secret pour réussir dans la conversation est d'admirer peu, d'écouter beaucoup, de se défier toujours de sa raison, et quelquefois de celle de nos amis ; de ne se piquer jamais d'avoir de l'esprit, de faire paraître tant qu'on peut celui des autres, d'écouter ce qu'on dit, et de répondre à propos.
Il en est de la vie comme de nos autres biens ; tout se dissipe quand on croit en avoir un grand fond ; c'est par-là qu'on voit faire aux jeunes gens une profusion de leur être, quand ils croient avoir longtemps à le posséder.
Il n'y a point de temps où l'on doive étudier son humeur avec plus de soin que dans la vieillesse, car il n'y en a point où elle soit si difficilement reconnue.
Les hommes ont établi la société par un esprit d'intérêt particulier, cherchant à se faire une vie plus douce et plus sûre en compagnie.
Ne scandalisons point les gens sages, et ne nous soucions pas de celles qui ne le sont pas.
Le bon sens n'est admiré quasi de personne, pour n'être connu que par des réflexions que peu de gens savent faire.
Il faut être sot pour ne pas faire deux vers ; il faut être fol pour en faire quatre.
On traite mieux un ennemi qu'on hait ouvertement, qu'un ami à qui l'on se cache, avec qui l'on dissimule.
Ayons toute la bonne conduite qu'on peut avoir, si l'événement n'est pas heureux, la mauvaise fortune tient lieu de faute.
Il n'y a point de nation qui fasse voir plus de courage dans les hommes, et plus de beauté dans les femmes, plus d'esprit dans l'un et l'autre sexe.