Chevalier Edme de La Taille de Gaubertin
Biographie :
Edme de Gaubertin, appelé le Chevalier de la Taille, né le 11 février 1735 à Paris, Seigneur de Gaubertin, lieutenant des Maréchaux de France en 1765, il est décédé le 22 juin 1782 à Versailles.Les 50 citations de Edme de La Taille de Gaubertin :
La plupart des gens d'esprit abusent de tout, et surtout de l'esprit.
Il n'y a point de gens qui jugent si librement de tout que ceux qui ne savent juger de rien.
On veut avoir fait le bien tout seul, et le mal avec tout le monde.
Il y a des hommes et des fruits qui ne mûrissent jamais.
Il est plus aisé de s'acquérir de la réputation que de la mériter réellement.
Aux yeux des méchants il n'y a de gens respectables que ceux qui sont plus méchants qu'eux.
Il devrait suffire aux grands de ce monde de ne dire que ce qu'ils veulent, sans se croire assez fins pour faire dire aux autres ce qu'ils ne veulent pas.
Une bonne action qui intéresse le cœur et le remue, efface les mauvaises impressions de l'esprit, comme un vent léger dissipe les nuages, et y fait succéder le beau jour.
On ne serait pas toujours si jaloux de la confiance des autres, si l'on ne voulait s'en servir que pour leurs intérêts.
Il en est de la plupart des grands de ce monde comme de ces Dieux de l'idolâtrie, que l'on n'honore pas pour le bien qu'on en espère, mais pour le mal qu'on en craint.
On donne ses défauts à tout le monde, mais on ne prête son mérite à personne.
Un malhonnête homme est aussi aisé à reconnaître, au soin qu'il prend de se parer de beaux sentiments, qu'à la malhonnêteté de ses actions.
On n'oublie guère ses créanciers, mais souvent ses dettes.
Le mérite est une excellente chose, qui souvent n'est bonne à rien, quand on ne la fait pas valoir par de méchantes pratiques.
La flatterie est si subtile, qu'elle va jusqu'à se décrier elle-même pour s'accréditer.
Ce qui rend sots la plupart des gens, ce n'est pas le manque d'esprit, c'est de vouloir en avoir trop.
On prend quelquefois pour sensibilité de cœur ce qui n'est qu'un mouvement de l'orgueil qui nous fait vouloir du bien à ceux dont nous sommes contents.
Il y a plus de gens qui se plaignent de l'ingratitude que de gens qui savent faire des ingrats.
On ne doit pas tant juger du mérite d'un homme par l'estime dont il jouit que par le mérite de ceux qui l'estiment.
Il en est de l'ambition comme du feu qui se nourrit également des matières les plus viles et les plus précieuses.
Nous n'aurions pas quelquefois de quoi penser fort noblement de nous-mêmes, si nous n'avions pour nous estimer que ce qui fait que le monde nous estime.
Il y a des gens qui semblent nés pour se faire haïr, et pour donner à la haine autant de force que la nature en a mise dans l'antipathie.
Il ne faut pas nous inquiéter de ce qu'on nous prise, mais de ce que nous valons.
Les femmes se persuadent facilement qu'on les aime, et dès qu'elles se détrompent elles se croient outragées.
La vanité la plus excessive ne nous paraît point hors de raison, lorsqu'elle intéresse notre orgueil, et qu'il ne voit en elle qu'une noble ambition de jouir de notre estime.
Les plaintes que nous faisons du mal qu'on dit de nous, ne servent le plus souvent qu'à en faire dire plus de mal.
On éprouve plus souvent qu'on ne pense des traits d'ingratitude qu'on pourrait se reprocher à soi-même avec presqu'autant de raison qu'aux ingrats.
Il y a des gens dont le mérite est comme ces fleurs, qui de loin répandent une odeur agréable, mais qui porte à la tête dès qu'on s'en approche de trop près.
Les femmes savent mieux aimer que les hommes, et les hommes ne savent pas autant haïr que les femmes.
Le mal que nous disons des autres prouve bien quelquefois qu'ils méritent qu'on dise du mal d'eux, mais il ne prouve jamais que nous méritions qu'on dise du bien de nous.
La haine gâte le cœur, et c'est un des plus grands malheurs qui puissent nous arriver, que de rencontrer des gens qui nous forcent à les haïr.
Il faudrait ôter les honneurs, et n'en rendre à personne s'ils inspiraient autant d'orgueil et de vanité à ceux qui les méritent, qu'à ceux qui ne les méritent pas.
Dès l'instant qu'une femme s'est fortement résolue d'exécuter un dessein, elle ne connaît d'inviolable que sa résolution.
Un sot est trop grossier pour ne pas vouloir être fin.
Les gens qui se sentent faits pour être méprisés, affectent d'ordinaire de mépriser les autres, comme les poltrons menacent les premiers, pour mieux cacher qu'ils ont peur.
Savoir être pauvre est plus difficile qu'on ne pense, et la plupart de ceux qui le sont, ou rougissent de leur pauvreté, ou n'ont pas la force de la supporter sans se plaindre, ou en tirent une vanité également fausse et ridicule.
Il faut regarder les biens de la fortune comme un prêt, et s'en servir comme d'un propre.
Tout le monde se plaint qu'il n'est rien de plus rare que les vrais amis, et chacun cherche à persuader qu'il n'y aurait rien de plus commun, si tout le monde pensait comme il pense.
On tempère d'ordinaire d'un peu de bien le mal qu'on dit des autres, afin de lui donner plus de poids.
Il n'y a rien de si désagréable, pour un honnête homme, que de se trouver dans la nécessité, ou d'être trompé ou de faire voir qu'on le trompe.
Une des plus grandes fautes de notre orgueil est d'oublier qu'il n'est pas seul, et que celui des autres ne lui doit rien.
Il n'y a presque personne qui ne croit les autres plus méchants que lui, et qui n'en exige plus de bien qu'il n’est capable de faire.
Nous nous flattons en vain de posséder le cœur de notre ami, tant qu'il se met en peine d'avoir de l'esprit avec nous.
Il est rare qu'on ait assez d'esprit pour mépriser l'approbation d'un sot.
Si les grands de ce monde ne sont pas bons à imiter, il n'est pires ridicules que ceux qui les copient.
On aime mieux encore dire du bien de ses ennemis que d'en entendre dire.
La haine est une passion servile et souvent injuste, à laquelle notre orgueil ne veut pas paraître assujetti ; au lieu que le mépris semble avoir sa source dans une fierté noble et généreuse, qui nous élève au-dessus des injures qu'on nous fait, et de ceux mêmes qui nous les font : de-là vient que chacun se défend de haïr ses ennemis, et fait tout ce qu'il peut pour paraître les mépriser.
Quand la vertu n'est pas aimable, on peut presque toujours croire qu'elle est fausse.
Ce qui fait que chacun se plaint, qu'on ne rend pas justice au mérite, c'est que ceux même qui y gagnent le plus croient y perdre davantage.
Il y a des vérités si humiliantes, que personne n'en convient, quoique tout le monde les sente.