Edmé François Pierre Chauvot de Beauchêne
Biographie :
Écrivain, membre de l'Académie royale de médecine et médecin consultant du roi, Chevalier de la Légion d'honneur né le 3 mars 1749 aux Archalis près de Villeneuve-le-Roi dans l'Yonne, Edmé Chauvot de Beauchêne est mort à Paris le 21 décembre 1824. On possède de lui deux ouvrages, à savoir : L'influence des affections de l'âme sur les maladies nerveuses des femmes (1798), et les Maximes, réflexions et pensées diverses publiées en 1819. Chauvot de Beauchêne meurt à l'âge de 76 ans, et repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.Les 174 citations de Edmé Chauvot de Beauchêne :
Les fautes des gens d'esprit sont la pâture des sots.
L'esprit peut seul juger l'esprit ; une corde ne frémit qu'à l'unisson.
L'homme d'esprit sans prévoyance est un myope sans lunettes.
Tout ce que l'homme d'esprit peut faire de mieux, c'est de se bien connaître, de consulter ses forces, et de compter ensuite avec son caractère.
Il y a plus d'esprit chez les gens vifs que chez les autres, mais aussi l'esprit leur est plus nécessaire.
Si les gens d'esprit ne savaient pas tirer parti des sots, à quoi leur servirait leur esprit.
L'esprit est un ressort propre à augmenter la force de la vertu comme celle du vice ; il est semblable à ces liqueurs fortes qui, par leur mélange avec d'autres substances, en développent le parfum.
La présence d'esprit est un pilote qui nous garantit du naufrage. Il ne quitte pas le gouvernail, et ne s'abandonne jamais à la merci des flots au milieu des tempêtes de la vie.
Le plaisir tue l'amour, la satiété tue le plaisir ; et le dégoût fait alors l'office de la raison.
Le mariage est comme un labyrinthe où l'on rencontre à chaque instant de nouveaux embarras, une fois sorti, on est rarement tenté d'y rentrer.
L'infidélité afflige les femmes en raison du plaisir qu'elle fait à leurs rivales.
L'avare n'aime ni lui ni les autres, seul son argent est son idole ; et il est d'autant plus la dupe du culte qu'il lui rend, que son indigence augmente à mesure que son coffre-fort se remplit.
Trop de mots pour une pensée remarquable, c'est une pièce d'or changée en monnaie de billon.
Les grands parleurs sont dans la société ce que les gourmands sont dans un repas ; ils dévorent eux seuls un bon mets dont chacun aurait voulu goûter.
L'homme vivant en société, environné d'une foule d'objets qui l'attirent ou le repoussent, livré à des passions qui le tourmentent sans cesse est facilement entraîné par elles. La morale peut sans doute en affaiblir la funeste influence, en diminuer les dangers, mais une passion forte ne peut, le plus souvent, être détruite que par une passion plus forte encore, et l'homme n'est pas toujours maître de faire usage d'un pareil remède.
L'envie est à l'âme ce que la rouille est au fer, elle la ronge.
Aller, venir, marcher sans dessein, sans but ; si c'est là ce qu'on appelle se promener, je ne vois pas ce que les automates pourraient envier aux promeneurs.
Les hommes ont la mémoire de l'esprit ; les femmes ont la mémoire du cœur.
L'homme est si peu né pour être heureux sur la terre, que souvent le bonheur même est un malheur pour lui.
Rien de plus insupportable que l'homme qui n'a jamais tort, si ce n'est celui qui croit toujours avoir raison.
L'opinion asservit tout, parce qu'elle agit doucement et longtemps ; elle est comme l'atmosphère qui nous environne, et agit sur nous sans que nous nous en doutions.
La raillerie est d'autant plus cruelle qu'on a plus de raison pour ne pas répondre à celui qui raille.
Beaucoup de gens sont devenus cruels parce qu'ils étaient trop ambitieux ; ce n'était pas qu'ils fussent naturellement cruels, mais ils n'avaient pas assez d'esprit pour réussir en agissant autrement.
La raison se perfectionne, l'instinct est immuable.
Se montrer avec éclat, donner au mensonge les couleurs de la vérité, exciter l'imagination en éblouissant la raison, connaître les faiblesses des autres, dissimuler les siennes : voilà la théorie du charlatanisme.
L'amour-propre s'irrite en raison de la faiblesse du caractère.
L'exagération des bons principes convient, et même sied bien à la jeunesse ; l'avenir ne les affaiblira que trop, pour les soumettre à l'empire des circonstances.
L'opinion publique se compose de l'aperçu de chacun et de l'assentiment de tous.
Tout est provisoire dans la vie : voilà pourquoi personne n'est content de son lot.
Les journaux peuvent faire moins de mal qu'on ne pense ; ils sont considérés comme les gens d'esprit, dont on se défie par cela même qu'ils sont gens d'esprit.
Un gouvernement est comme une grande machine composée de beaucoup de roues ; si elle n'a qu'un ressort pour les faire mouvoir, elle sera solide et durable ; si elle en a plusieurs, elle se détraquera souvent, et finira bientôt par se détruire.
La cour est un terrain difficile sur lequel on n'avance qu'en glissant ou en rampant.
La mode n'opère que des changements momentanés, parce que son action est plus vive que durable.
Les maladies chroniques se multiplient dans la société en raison directe de la dépravation sociale, et les maladies aiguës en sens inverse.
Ce que l'homme recherche le plus, c'est presque toujours ce qui l'embarrasse davantage quand il l'a obtenu ; son indépendance ou sa femme en offrent souvent la preuve.
Il n'est pas un homme, quelque borné qu'il soit, dont on ne puisse, dans les grandes villes, faire un homme à réputation ; il ne s'agit que de le faire entrer dans une coterie, ou de l'admettre dans l'état-major d'une société savante bien achalandée.
Les succès que l'on obtient dans le monde peuvent toujours être soumis à l'esprit de calcul et préparés d'avance.
On commence à aimer on ne sait pourquoi, et souvent on ne continue que parce qu'on a commencé.
L'ingratitude ne nuit qu'aux ingrats.
Le style est à l'esprit ce que la physionomie est au visage.
La volonté ne forme pas toujours la croyance, mais elle la décide souvent sans qu'on s'en aperçoive.
Ceux qui voient du danger à tout, ceux qui n'en voient à rien, ne diffèrent le plus souvent que par la nature de leur faiblesse.
Le goût est le sentiment des convenances qui s'applique aux choses.
Nous parlons de nous avec complaisance ; nous écoutons à peine ceux qui parlent d'eux ; voilà l'égoïsme.
La vivacité nuit souvent à la justesse de l'esprit, en le poussant au-delà des bornes ; elle est dans ce cas une preuve de faiblesse, car il faut plus de force pour savoir s'arrêter au but que pour le passer.
On n'est jamais plus disposé à contrarier l'opinion des autres que quand on en n'a pas soi-même.
On juge les choses avec son esprit, et les personnes avec son cœur ; c'est ce qui fait que dans la société les hommes, même doués d'un esprit juste, sont portés à déprécier ceux qu'ils n'aiment pas, et à faire valoir ceux qu'ils aiment.
Les hommes, dont les opinions se sont formées par la seule force de leur pensée, et qui s'y sont attachés sans avoir égard aux résultats, sont toujours doués d'une grande force de caractère.
Quand l'homme se croit supérieur à la femme, son orgueil l'abuse : l'homme isolé n'est qu'un être imparfait, alors que la femme est la plus belle et la plus noble portion de lui-même. Quand il s'en sépare, ses penchants deviennent vicieux : c'est elle qui le guide dans le chemin de la gloire et de la vertu ; c'est avec elle qu'il doit traverser la vie et accomplir les hautes destinées qui sont réservées à l'un et à l'autre.
Les riches sont portés à croire qu'ils sont supérieurs aux autres hommes, et l'on fait tout ce qu'il faut pour leur persuader qu'ils n'ont pas tort.
La vérité est une rosée céleste qui a besoin, pour n'être pas altérée, qu'un vase pur la reçoive.
La réputation est une fleur qui ne porte pas toujours du fruit.
La compassion que nous montrons pour les malheureux se rapporte à nous par un retour secret ; nous prenons parti contre le mal comme ennemi commun.
Savoir être malheureux n'est pas une petite affaire, en comparaison, savoir mourir n'est rien.
La jalousie est bien plus propre à fortifier l'amour qu'à le détruire, parce que ces deux passions tirent leurs principales forces de l'amour-propre, et s'alimentent sans cesse l'une par l'autre.
Une force contre nature s'anéantit quand elle ne s'agrandit plus.
La curiosité relative aux choses, agrandit l'esprit ; la curiosité relative aux personnes, le rétrécit.
L'homme le plus fort est celui qui ne s'appuie sur personne.
La finesse peut être utile à l'esprit, mais elle nuit au caractère.
Il est plus facile de prendre de bonnes habitudes que d'en perdre de mauvaises.