Édouard Alletz
Biographie :
Diplomate, écrivain et homme de lettres français né le 23 avril 1798 à Paris, Édouard Alletz est décédé le 12 novembre 1850 dans sa ville natale. Source : Wikipédia.Les 49 citations de Édouard Alletz :
La responsabilité, en se divisant, s'évanouit.
Un homme d'Etat qui conduit heureusement les affaires, mais qui n'est pas orateur, aimera mieux être loué pour son éloquence que dans sa politique. Avis aux flatteurs !
Nul n'est plus disposé à vous empêcher d'arriver que le parvenu de la veille.
Après manquer de foi, le plus grand malheur est de se consoler de n'en pas avoir.
Plus les peines de prison sont certaines, moins elles ont besoin d'être graves. Aujourd'hui, là où elles sont trop sévères, le jury les rend incertaines par son indulgence.
L'étude de la science du gouvernement n'a jamais été plus négligée que depuis qu'elle importe à tout le monde. Cependant la vraie manière de juger les circonstances qui passent, serait d'avoir des règles générales qui ne changent jamais, et d'apprécier le détail par des principes fixes sur l'ensemble.
Plus un homme est éminent, plus ses pensées s'élèvent au-dessus de celles de la majorité. Cependant, son triomphe tient à persuader à cette majorité que les plans qu'il a conçus viennent d'elle-même, et de l'amener si bien à penser comme lui, qu'elle s'admire dans tout ce qu'il fera.
S'il arrive à l'opposition d'être dans le vrai, elle en est si fière qu'elle gâte ses avantages par l'exagération. Un ministère peut profiter de cet abus de la raison pour redevenir lui-même raisonnable.
On veut bien différer des autres par le paradoxe, mais on n'aurait pas le courage de se singulariser par la foi.
Un homme d'Etat qui n'a qu'une grande qualité, dans sa plénitude, et qui manque de la qualité opposée, peut devenir le plus dangereux citoyen que l'Etat renferme dans son sein.
Il est des hommes qui doivent leur élévation à des mesures imprudentes, et qui devront leur chute à des actions sages.
Il entre beaucoup d'amour-propre dans les aveugles regrets des légitimistes : il leur répugne de reconnaître qu'ils se sont trompés toute leur vie.
Le talent diplomatique est un peu négatif ; il brille plus par ce qu'on ne dit pas et ne fait pas, que par ce qu'on dit et ce qu'on fait. Le style diplomatique ressemble à la peinture qui réclame l'art de faire le demi-jour et de composer les nuances infinies de chaque couleur.
L'art de négocier est d'autant plus difficile qu'il n'a pas de règles, et que tout le monde s'y croit propre.
Quand tous les emplois sont le prix de l'intrigue, on dirait qu'il n'a pu en être autrement, car les honnêtes gens semblent disparaître ; alors on croirait la mauvaise distribution des emplois justifiée par la nécessité.
Un député est une province qui parle.
Tout particulier à sa destinée : une nation à la sienne. Le but de la France a été l'empire du monde par la conquête : ce but sera aujourd'hui l'empire du monde par la civilisation.
Les plus terribles armes qu'un gouvernement puisse donner contre lui à un fonctionnaire, sont les fautes dont il l'a rendu témoin.
Nous tournons dans un cercle vicieux : les choses vont mal parce que nous manquons d'hommes d'Etat ; et aucun homme d'Etat ne peut se former, parce que les choses vont mal.
Le propre des esprits éminents est de prévoir qu'une chose se fera, longtemps avant de pouvoir dire comment elle se fera.
Celui qui aime ardemment la gloire de sa patrie porte sur son front le sceau du commandement.
Une fois qu'on a connu la vie publique, on la trouve la plus misérable de toutes, mais on ne voudrait plus en mener une autre.
Les voleurs se reconnaissent entre eux ; ainsi en est-il des intrigants.
Dans toute assemblée, il y a un grand avantage à parler le premier ou le dernier.
Un parti abandonné par son chef en retrouve un autre ; un chef de parti qui trahit les siens demeure tout seul.
Il est bien plus rare de voir un parti abandonner son chef qu'un chef abandonner son parti.
On ne saurait prononcer qu'une chose est impossible avant d'avoir voulu de toutes ses forces qu'elle fût possible.
Il y a des temps où prêcher la morale, c'est offenser tout le monde.
Une loi à laquelle personne ne s'attendait est une mauvaise loi.
Les Français sont si accoutumés à être gouvernés en toutes choses, qu'ils se plaignent toujours de leur gouvernement.
Il ne faut pas se hâter de changer les lois, mais travailler d'abord à modifier les mœurs qui ont produit les lois qu'on veut changer.
Une loi ne doit être abrogée que lorsqu'elle l'est déjà de fait.
La presse est l'école du monde.
Il n'y a que les gens bien élevés qui soient impertinents avec politesse.
Défendre, protéger, couvrir avec une noble énergie ses serviteurs compromis, est le devoir, l'honneur et le signe d'un bon gouvernement.
L'excès de savoir rend irrésolu.
Des troubles réprimés avec succès ne servent qu'à consolider l'autorité en la faisant sentir.
Les fautes d'un individu ne portent dommage qu'à lui et quelquefois à sa famille. Lorsqu'un gouvernement se trompe, son erreur pèse sur une nation, souvent sur une partie du monde, peut-être durant plusieurs siècles.
Un souverain est un peuple fait homme. Plus il ressemble à ses sujets, plus il est aimé d'eux. Animé de leurs passions qu'il dirige, il leur donnera pour lois leurs penchants mêmes.
Une promesse mal gardée tient lieu d'offense entre égaux, et d'acte de tyrannie entre un supérieur et un inférieur.
Un gouvernement doit toujours avoir un but qui est en général la prospérité, la gloire et l'agrandissement de l'empire ; mais il ne saurait l'atteindre sans combiner un ensemble de moyens qui constitueront sa politique.
L'art de gouverner n'est que celui de faire servir les passions d'un peuple à le rendre heureux.
Chaque peuple a une passion dominante. Pour régner sur elle, il faut régner avec elle et par elle. Mais on ne la connaîtra jamais à moins qu'on ne soit capable de l'éprouver.
On ne fait jamais de meilleure politique que dans les moments où l'on paraît le moins songer à en faire.
Pour plaire au peuple, il faut lui ressembler.
Les blessures qu'on reçoit de celui qui aime valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.
La corruption devient tellement générale, que bien peu de gens sont encore en état de la remarquer.
Les gouvernements veulent honorer les hommes par les distinctions qu'ils leurs confèrent, au lieu de consentir à voir les distinctions honorées par ceux qui les obtiennent.
Les capitaux n'ont pas de nationalité, ils vont et se fixent où ils se multiplient.