François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon
Biographie :
Prélat, poète et écrivain français né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane en Dordogne, Fénelon est mort le 7 janvier 1715 à Cambrai dans le Nord. Il devint en 1689 le précepteur du petit-fils de Louis XIV. Auteur de plusieurs livres, dont Le traité de l'éducation des filles (1687), Le traité du ministère des pasteurs (1688), et Les aventures de Télémaque (1699) entre autres, Fénelon meurt en 1715 à l'âge de 64 ans. Il repose depuis le 22 janvier 1826 dans la cathédrale Notre-Dame de Grâce de Cambrai.Les 47 citations de Fénelon :
Corrigez-vous vous-même, avant même de vouloir corriger les autres.
On déshonore la justice quand on n'y joint pas la douceur, les égards, la condescendance.
La force ne peut jamais persuader les hommes, elle ne fait que des hypocrites.
Apprenez à ne juger promptement de personne, ni en bien, ni en mal ; l'un et l'autre est très dangereux.
Pour juger avec prudence il faut avoir des principes constants auxquels tous les jugements se réduisent.
L'erreur fait rentrer l'homme en lui-même, et lui rend la sagesse qu'il avait perdue dans le succès.
Il faut semer pour recueillir.
La véritable éloquence n'a rien d'enflé ni d'ambitieux, elle se modère et se proportionne aux sujets qu'elle traite et aux gens qu'elle instruit ; elle n'est sublime que quand il faut l'être.
La souffrance est la vie secrète des âmes.
Ne vous laissez point obséder par des esprits flatteurs et insinuants, faites-leur sentir que vous n'aimez ni les louanges ni les bassesses. Ne montrez de la confiance qu'à ceux qui ont le courage de vous contredire avec respect, et qui aiment mieux votre réputation que votre faveur.
L'intempérance change en poisons mortels les aliments destinés à conserver la vie.
Les remèdes sont eux-mêmes de véritables maux qui usent la nature, et dont il ne faut se servir que dans les pressants besoins.
Les pauvres sont moins souvent malades faute de nourriture que les riches ne le deviennent pour en prendre trop.
La sobriété rend la nourriture la plus simple très agréable. C'est elle qui donne, avec la santé la plus vigoureuse, les plaisirs les plus purs et les plus constants.
L'homme impatient casse les branches pour cueillir le fruit avant qu'il ne soit mûr.
Il faut être patient pour devenir maître de soi et des autres ; l'impatience qui paraît être une force de l'âme, n'est qu'une faiblesse et une impuissance de souffrir la peine.
On ne s'embarrasse jamais quand on fait chaque chose à propos.
Deux coeurs qui se parlent se versent, pour ainsi dire, l'un dans l'autre.
N'abusez point des gens trop gentils, rien n'est si terrible que la colère d'un agneau.
Le courage ne consiste pas seulement à mépriser la mort dans les dangers de la guerre, mais encore à fouler aux pieds les trop grandes richesses et les plaisirs honteux.
Les grands succès enflent le cœur, et inspirent une présomption dangereuse.
Le mari et la femme ne doivent former qu'une seule personne en deux corps différents.
Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu.
La terre multiplie ses dons selon le nombre de ses enfants qui méritent ses fruits par leur travail.
On ne doit pas ôter la vie à ceux de qui on la tient.
Le naufrage et la mort sont moins funestes que les plaisirs qui attaquent la vertu.
La vertu, quand elle est douce, simple, ingénue et modeste, surmonte tout.
Les hypocrites ne se contentent pas d'être méchants, ils veulent encore passer pour être bons.
Ceux qui ont le goût de la vertu ne peuvent être ensemble sans être unis par la vertu qu'ils aiment.
Le plus malheureux des hommes est celui qui croit être heureux en rendant les autres misérables.
Le plus malheureux de tous les hommes est celui qui croit l'être.
Il faut mettre du courage dans toutes entreprises : Moins on se fait de violence, et moins on est capable de s'en faire : et au contraire, plus on se fait de violence, et plus on s'accoutume à prendre sur soi.
Les choses qu'on quitte paraissent ce qu'elles sont dès qu'on les a quittées.
La vraie obéissance de l'homme consiste à ne plus s'écouter soi-même.
Le silence intérieur consiste à faire taire son imagination vaine, inquiète et volage.
La sagesse n'a point de honte de paraitre enjouée quand il le faut.
Faites-vous aimer des bons esprits, mais faites-vous craindre des âmes méchantes.
Apprenez à être patient ; défiez-vous de vos premières, et même de vos secondes réflexions ; suspendez un instant votre jugement ; et approfondissez peu à peu avant de vous engager dans toute initiative.
Dieu n'a besoin que d'un instant, où il fait tout, et voit ce qu'il fait.
Accordez à tous les hommes la tolérance, non en approuvant tout comme indifférent, mais en souffrant avec patience, et en tâchant de ramener les hommes par une douce persuasion.
La piété n'a rien de faible, ni de triste, ni de gêné : elle élargit le cœur ; elle est simple et aimable ; elle se fait tout à tous pour les gagner tous.
Avoir raison, c'est peu pour un chrétien ; un philosophe a souvent cet avantage : mais avoir raison et souffrir de passer pour avoir tort, et laisser triompher celui qui a tout le tort de son côté, c'est vaincre le mal par le bien.
Hâtez-vous de vous corriger avant de vouloir corriger les autres.
Étudiez sans cesse les hommes, apprenez à vous en servir sans vous lier à eux.
Que votre grandeur ne vous empêche jamais de descendre avec bonté jusqu'aux plus petits, pour vous mettre à leur place, et que cette bonté n'affaiblisse jamais ni votre autorité ni leur respect.
Quand on a une fois trompé, on ne peut plus être cru de personne ; on est haï, craint, détesté ; et on est enfin rattrapé par ses propres finesses.
La jalousie est la marque d'un esprit borné et d'une âme basse.