François Gaston de Lévis, duc de Lévis
Biographie :
Écrivain et militaire français né le 20 août 1719 à Ajac dans l'Aude, François Gaston de Lévis est décédé le 26 novembre 1787 à Arras dans le Pas-de-Calais. Officier de l'armée de terre, il commande les troupes françaises au Canada en 1760, nommé maréchal de France en 1783, il est élevé à la dignité de duc en 1784. François Gaston de Lévis meurt en 1787, il repose au cimetière de Picpus à Paris.Les 69 citations de François Gaston de Lévis :
La femme infidèle s'avilit, parce qu'elle ne peut manquer de foi sans outrager la pudeur ; mais l'homme qui fait une infidélité, s'il garde son secret et son cœur, est faible sans être vil ; et souvent, dégoûté du changement par la comparaison, il revient avec plus d'amour auprès de sa maîtresse.
Les talents sont innés, l'éducation les développe, les circonstances les mettent en jeu ou les rendent inutiles.
Il y a quelque chose de plus fort que l'intérêt, c'est le dévouement.
Toujours, jamais : Ces deux mots manquent dans le dictionnaire des sages, et cependant il n'en est guère de plus usités.
On se lasse de tout, excepté du travail.
Les cœurs sensibles demandent qu'on les aime, les personnes vaines veulent qu'on les préfère.
Il en est de l'amour comme de ces montagnes en forme de pic dont le sommet n'offre point de lieu de repos ; à peine monté, il faut descendre.
Les maîtresses sont comme l'ombre du cadran solaire, elles s'évanouissent avec le soleil.
La méfiance poussée à l'extrême est toujours la preuve d'un cœur sec et d'un esprit étroit.
Quand par hasard la flatterie ne réussit pas, ce n'est pas sa faute ; c'est celle du flatteur.
Incertitude des événements, tu troubles les jouissances les plus pures ; mais aussi tu es l'espoir des malheureux et la consolation des vieillards.
L'indécision est le partage de la médiocrité, car l'homme borné n'a pas l'embarras du choix des partis, et l'homme supérieur voit à la fois le but, l'obstacle, et le meilleur moyen de le surmonter.
L'étude des sciences seules peut amortir la douleur.
La marche de l'esprit vers la perfection est celle d'une courbe vers l'asymptote, il en approche toujours et ne l'atteint jamais.
Si vous restiez debout, l'orgueil ne pourrait vous écraser.
L'égalité entre les hommes est au cimetière, mais elle n'est que là.
L'obscurité est une preuve de négligence, lorsqu'elle n'est pas celle d'un esprit étroit.
Ôter l'espoir au vice, c'est donner des armes à la vertu.
Il y a deux manières bien différentes de juger les fautes des époux : si c'est au tribunal de l'amour, le mari infidèle est le plus coupable, parce qu'il a plus de force pour réprimer ses passions ; mais, relativement à l'ordre civil, les fautes de la femme sont plus graves, à cause des conséquences.
L'oisiveté et la fainéantise sont un doux oreiller qui rapporte peu.
Les fausses louanges avilissent plus ceux qui les donnent qu'elles n'honorent ceux qui les reçoivent.
Il y a des esprits tellement amis du merveilleux que l'invraisemblable est pour eux un commencement de preuve.
La curiosité qui porte sur les choses annonce de l'élévation dans l'esprit ; celle qui ne porte que sur les personnes est une marque de petitesse.
On ne plaint pas la fierté qui souffre, on l'admire : la faiblesse seule a besoin de consolation.
La patience ne serait pas une qualité si précieuse, si elle ne servait autant à faire espérer le bien qu’à faire supporter le mal.
Lorsque les passions meurent, les goûts en héritent.
Sans la religion, l'idée de la mort serait désespérante pour les heureux du monde, et le pauvre vivait sans consolations.
Le chemin de la vertu est aujourd'hui si glissant qu'il y arrive une infinité d'accidents ; mais il en arriverait bien d'autres si, dans les passages difficiles, la religion et l'honneur ne servaient de guides aux voyageurs.
Ô vous qui doutez de l'existence de Dieu ! expliquez donc le dévouement de la maternité !
S'il pouvait exister un pays où la religion permit le vice, les athées y prêcheraient dans le désert.
Peu de gens ont la fatuité de croire qu'ils iront droit en paradis, mais beaucoup ont peur de l'enfer, et cela sert puissamment à maintenir le bon ordre en ce monde.
La modestie, ce doute aimable de son mérite, est dans la nature aussi bien que l'amour-propre ; mais l'humilité n'est qu'une pénitence que la religion impose à l'orgueil.
Il n'y a rien de si fatiguant que la vivacité sans esprit.
L'ingratitude est si commune que l'homme sage doit y être préparé ; mais, lorsqu'on l'éprouve de la part d'un ami, ce coup imprévu porte au cœur, et fait un mal contre lequel la philosophie n'a point de remèdes.
En amour, il y a plusieurs espèces de jalousies, mais la plus rare est celle du cœur.
Puisque nous sommes en butte à des maux inévitables, la sagesse est l'art de trouver des compensations.
La possession calme l'amour et souvent l'éteint, mais elle ne sert qu'à exciter l'ambition et l'avarice.
Le témoignage de la conscience est satisfaisant, mais les louanges méritées sont délicieuses.
Travail, noble soutien de l'indépendance, seul bien que l'injustice des hommes ne saurait nous ravir, tu nous délivres du malheur de l'oisiveté, et tu nous fais goûter les douceurs du repos.
Un habile médecin se sert avec succès de l'espérance et de la crainte ; l'une adoucit les maux, l'autre prévient les rechutes.
L'inquiétude est la crainte tempérée par l'espérance ; mais l'espérance n'est jamais pure, toujours elle est mêlée de craintes pour l'avenir : et voilà pourquoi la vie est si triste.
Hommes médiocres, que la fortune favorise, c'est en vain que vous prétendez à la gloire ; vous n'obtiendrez tout au plus que la célébrité.
On trouve aisées les choses auxquelles les autres réussissent, et que nous avons peur d'entreprendre.
La femme n'a de force que dans le cœur, mais l'homme en a aussi dans la tête.
L'amant passionné peut pardonner une infidélité, mais il ne s'en console point, parce qu'il sait qu'elle diminue nécessairement l'amour de sa maîtresse.
L'amant jure d'aimer toujours, et change bien vite. L'ami ne jure point, et aime toujours ; mais l'amant et l'ami sont bien souvent la même personne. Ainsi la vie se passe à promettre sans tenir, et à tenir sans promettre.
Si l'injustice pouvait être excusable, elle le serait envers les ennemis de ses amis.
Mes amis, êtes-vous bien sûrs de vous ressouvenir dans dix ans du nom de tous vos amis ?
La raison n'a point de sexe, mais on le reconnaît dans tout ce qui tient à l'esprit et à la finesse.
Lorsque les écoliers font des dégâts, les instituteurs sont responsables.
Si la flatterie a ses succès dans le monde, la dignité a sa politique ; mais il n'est pas donné à tout le monde d'user de ce moyen.
L'homme d'un âge mûr se console de n'être plus jeune, en pensant avec orgueil que l'expérience et la raison l'ont rendu bien plus sage. Trop souvent il a tort ; mais l'amour-propre, qui a donné tant de jouissances dans le printemps de la vie, fait encore le charme de l'automne.
Voyez-vous ces braves qui vont monter à l'assaut, comme ils courent ?... quelle audace ? — Ne vous y trompez pas ; ils n'iraient pas si vite, s'ils n'avaient pas un peu peur. Tel court au danger qui n'oserait l'attendre.
La témérité est si différente du vrai courage, que souvent celui qui s'expose à un danger inutile ne sait pas souffrir avec fermeté.
La vie est en général si triste, que la terre serait bientôt dépeuplée par le suicide, si l'espérance ne retenait les braves, comme la peur arrête les poltrons.
La crainte prend l'homme au berceau, et l'accompagne jusqu'au cercueil.
De tous les besoins factices, le plus dangereux est celui des émotions.
La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné.
L'esprit de domination se montre dès la première enfance, diminue pendant la jeunesse, et ne revient aux vieillards qu'avec la faiblesse.
La grande difficulté dans l'éducation consiste à tenir les enfants dans la soumission sans dégrader leur caractère.
La force de l'expression est en raison de l'énergie de la pensée, comme la force d'un jet d'eau indique la hauteur du réservoir.
Vous qui voulez connaître les hommes, méfiez-vous des livres, observez beaucoup, et surtout voyagez. Les préjugés sont comme ces plantes qui perdent leur force sous un ciel étranger.
La plupart de ceux qui passent pour généreux acquièrent cette réputation à bon marché, consultez leurs créanciers.
Donner est un plaisir, et payer est un devoir : il n'y a donc de mérite à donner que lorsqu'on se prive.
L'envie décèle la médiocrité ; les grands caractères ne connaissent que les rivalités.
La bassesse trouve le moyen de dégrader ce que les hommes ont de plus noble à donner et de plus doux à recevoir, les louanges méritées.
Le bonheur est l'absence des peines, comme la santé est l'absence des maladies.
Si la politique autorise les représailles, la morale les défend. Supportez donc sans vous venger les mauvais procédés de vos proches ; vos devoirs envers eux n'ont rien de commun avec ces traités que l'infidélité d'une des parties contractantes suffit pour annuler.
Il y a des gens pour qui l'honneur est un calcul ; ne les troublons point, le public est intéressé au succès de cette spéculation.