François-René, vicomte de Chateaubriand

Biographie :

François-René de Chateaubriand Écrivain et homme politique français né à Saint-Malo en Bretagne le 4 septembre 1768, François-René, vicomte de Chateaubriand, est décédé le 4 juillet 1848 à Paris à l'âge de 79 ans. Chateaubriand est considéré comme l'un des précurseurs du romantisme français et l'un des grands noms de la littérature française. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.

Les 41 citations de François-René de Chateaubriand :

L'aristocratie est de sa nature ingrate et ingagnable quand on n'est pas né dans ses rangs.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Jamais le meurtre ne sera à mes yeux un objet d'admiration et un argument de liberté ; je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu'un terroriste.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Propre à tout pour les autres, bon à rien pour moi : me voilà !

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

L'amour-propre en souffrance a fait de grands révolutionnaires.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Toi qui donnas ta vie et ta mort aux hommes, toi qui aimes ceux qui pleurent, exauce la prière de l'infortuné qui souffre à ton exemple ! soutiens le fardeau qui l'écrase ! sois pour lui le Cyrénéen qui t'aida à porter la croix sur le Golgotha.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La voix de l'homme ne se ranime pas comme celle de l'écho : l'écho peut dormir dix siècles au fond d'un désert, et répondre ensuite au voyageur qui l'interroge ; la tombe ne répond jamais.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Il y a deux points de vue d'où la mort se montre bien différente. De l'un de ces points vous apercevez la mort au bout de la vie, comme un fantôme à l'extrémité d'une longue avenue : elle vous semble petite dans l'éloignement, mais à mesure que vous en approchez elle grandit ; le spectre démesuré finit par étendre sur vous ses mains froides et par vous étouffer. De l'autre point de vue la mort paraît énorme au fond de la vie, mais à mesure que vous marchez sur elle, elle diminue, et quand vous êtes au moment de la toucher, elle s'évanouit. L'insensé et le sage, le poltron et le brave, l'esprit impie et l'esprit religieux, l'homme de plaisir et l'homme de vertu, voient ainsi différemment la mort dans la perspective.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La cendre d'un mort, quel que fût de son vivant le décédé, est sacrée. La poussière des tyrans donne d'aussi grandes leçons que celle des bons rois.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La Mort, selon les Sauvages, est une grande femme fort belle, à laquelle il ne manque que le cœur.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La célébrité peut-elle faire illusion au point d'inspirer une passion pour ce que la nature a rendu désagréable ? Je ne le crois pas : la gloire est pour un vieil homme ce que sont les diamants pour une vieille femme : ils la parent, et ne peuvent l'embellir.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Chaque homme a un lieu particulier dans le monde où il peut dire qu'il a joui de la plus grande somme de bonheur : le calcul est bientôt fait.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Les autres nous semblent toujours plus heureux que nous, et pourtant ce qu'il y a d'étrange, c'est que l'homme qui changerait volontiers sa position ne consentirait presque jamais à changer sa personne. Il voudrait bien peut-être se rajeunir un peu, pas trop encore, et marcher droit s'il était boiteux, mais il se conserverait tout l'ensemble de sa personne, dans laquelle il trouve mille agréments et un je ne sais quoi qui le charme. Quant à son esprit, il n'en altèrerait pas la moindre parcelle : nous nous habituons à nous-mêmes, et nous tenons à notre vieille société.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La méchanceté est de tous les esprits le plus facile. Rien n'est si aisé que d'apercevoir un ridicule ou un vice, et de s'en moquer : il faut des qualités supérieures pour comprendre le génie et la vertu.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Souvent des personnes qui s'aiment se jurent, au commencement de leur bonheur, de quitter ensemble la vie ; mais il arrive qu'elles ne marchent pas avec la même vitesse, et quand l'une est prête à atteindre le but, l'autre ne l'est pas, ou ne l'est plus.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Il serait étrange que l'homme prétendît à une constance inaltérable lorsque toute la nature change autour de lui : l'arbre perd ses feuilles, l'oiseau ses plumes, le cerf ses rameaux. L'homme seul dirait : « Mon âme est inébranlable ; telle elle est aujourd'hui, telle elle sera demain. » L'homme dont les sentiments sont plus inconstants que les nuages ! l'homme qui veut et ne veut plus ! l'homme qui se dégoûte même de ses plaisirs, comme l'enfant de ses jouets !

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Chez moi l'homme public est inébranlable, l'homme privé est à la merci de quiconque se veut emparer de lui, et, pour éviter une tracasserie d'une heure, je me rendrais esclave pendant un siècle.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Il y a des hommes pour lesquels la vertu n'est point la vertu reconnue par les autres hommes ; ils n'appellent point de ce nom toutes les choses régulières, mais inférieures, de l'existence, cette honnêteté vulgaire qui remplit exactement ses devoirs : la vertu pour eux est un élan de l'âme qui nous porte vers le bien aux dépens de notre bonheur et de notre vie, ou une force qui nous fait dompter nos passions les plus fougueuses. Ces hommes-là s'élèvent au-dessus des autres hommes, mais à quoi sont-ils bons dans la société ? Comme les montagnes dans la nature, comme les monuments gigantesques dans les arts, ils sortent des proportions communes : on les regarde, et on en a peur.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Souvent les gens de bien pleurent à la même heure où les pervers se réjouissent : le même moment voit s'accomplir une action honnête et une action coupable. Le vice et la vertu sont frère et sœur, ils ont été engendrés par l'homme : Abel et Caïn étaient enfants du même père.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

La vertu est quelquefois oubliée dans son passage ici-bas, mais elle revit tôt ou tard ; on la retire des tombeaux comme on retire du sein de la terre une statue antique qui fait l'admiration des hommes.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

L'indigence de notre nature est si profonde, que dans nos infirmités volages, pour exprimer nos affections récentes, nous ne pouvons employer que des mots déjà usés par nous dans nos anciens attachements. Il est cependant des paroles qui ne devraient servir qu'une fois : on les profane en les répétant. Nos amitiés trahies et délaissées nous reprochent les nouvelles sociétés où nous sommes engagés ; nos heures s'accusent : notre vie est une perpétuelle rougeur, parce qu'elle est une faute continuelle.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

On soutient que les beautés réelles sont de tous les temps, de tous les pays : oui, les beautés de sentiment et de pensée ; non, les beautés de style. Le style n'est pas, comme la pensée, cosmopolite ; il a une terre natale, un ciel, un soleil à lui.

François-René de Chateaubriand - Essai sur la littérature anglaise (1836)

On ne vit que par le style : en vain on se révolte contre cette vérité. Le style, et il y en a de mille sortes, mais il ne s'apprend pas ; c'est le don du ciel, c'est le talent.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Il faut avoir le cœur placé haut pour verser certaines larmes : la source des grands fleuves se trouve sur le sommet des monts qui avoisinent le ciel.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Les grandes afflictions semblent raccourcir les heures comme les grandes joies : tout ce qui préoccupe fortement l'âme empêche de compter les instants.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Je n'ai jamais pu souffrir les explications, les raccommodements par protestation et éclaircissements, lamentations et pleurs, verbiage et reproches, détails et apologies.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

La foule est trop légère, trop inattentive pour se donner le temps, lorsqu'elle n'est pas avertie, de voir les individus tels qu'ils sont. Quand, par hasard, j'ai essayé de redresser quelques-uns de ces faux jugements dans mes préfaces, on ne m'a pas cru. En dernier résultat, tout m'étant égal, je n'insistais pas ; un comme vous voudrez m'a toujours débarrassé de l'ennui de persuader personne ou de chercher à établir une vérité. Je rentre dans mon for intérieur, comme un lièvre dans son gite : là je me remets à contempler la feuille qui remue ou le brin d'herbe qui s'incline.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

En aucun temps, il ne m'a été possible de surmonter cet esprit de retenue et de solitude intérieure qui m'empêche de causer de ce qui me touche. Personne ne saurait affirmer sans mentir que j'aie raconté ce que la plupart des gens racontent dans un moment de peine, de plaisir ou de vanité. Un nom, une confession de quelque gravité, ne sort point ou ne sort que rarement de ma bouche. Je n'entretiens jamais les passants de mes intérêts, de mes desseins, de mes travaux, de mes idées, de mes attachements, de mes joies, de mes chagrins, persuadé de l'ennui profond que l'on cause aux autres en leur parlant de soi.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Napoléon a la puissance d'arrêter le monde, et n'a pas celle de s'arrêter.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Point de politique sentimentale, disent des ministres. Bon dieu, qu'ils se tranquillisent ! il n'y a aucun péril de ce côté : je ne sache pas beaucoup d'hommes qui aient conservé leur vieille passion. Vous ne voulez pas qu'on vous aime : eh ! que vous avez raison ! Mais puisque vous préférez la politique du fait à celle du droit, acceptez-en toutes les conséquences. Le fait nous donnera le droit d'examiner si vous autres ministres êtes bons à quelque chose, et s'il n'y a pas un autre fait qui vaille mieux que le vôtre.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Écoutez cet homme qu'on appelle monseigneur : il vous dira qu'il n'est qu'un vilain, qu'il veut rester un vilain, qu'il n'est pas fait pour occuper la place qu'il occupe, que la révolution ne sera finie que quand un vilain comme lui cessera d'être un des premiers personnages de l'état. Monseigneur a cependant porté le bonnet rouge pour cesser d'être un vilain, comme il porte un habit brodé et un titre pour sortir de la classe des vilains. Fiez-vous à l'humilité de monseigneur, et croyez au paysan du Danube.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Après des temps de malheur et de gloire, un peuple est enclin au repos, et pour peu qu'il soit régi par des institutions tolérables, il se laisse facilement conduire par les plus petits ministres du monde ; cela le délasse et l'amuse : il compare ces pygmées aux géants qu'il a vus, et il rit. Il y a des exemples de lions attachés à un char et menés par des enfants, mais ils ont toujours fini par dévorer leurs conducteurs.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Les hommes de génie sont ordinairement enfants de leur siècle, ils en sont comme l'abrégé ; ils en représentent les lumières, les opinions et l'esprit, mais quelquefois aussi ils naissent ou trop tôt ou trop tard. S'ils naissent trop tôt, avant leur siècle naturel, ils passent ignorés ; leur gloire ne commence qu'après eux, lorsque le siècle auquel ils devaient appartenir est éclos ; s'ils naissent trop tard, après leur siècle naturel, ils ne peuvent rien, et ils n'arrivent point à une renommée durable. On les regarde un moment par curiosité, comme on regarderait les vieillards se promenant sur les places publiques avec les habits de leur temps. Ces hommes de génie qui arrivent trop tard sont donc méconnus comme les hommes de génie qui arrivent trop tôt ; mais ils n'ont pas comme ces derniers un avenir, une postérité, des descendants pour établir leur gloire : ils ne pourraient être admirés que du passé, que de leurs devanciers, que des morts, public silencieux.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

On s'étonne du succès de la médiocrité ; on a tort. La médiocrité n'est pas forte par ce qu'elle est en elle-même, mais par les médiocrités qu'elle représente ; et dans ce sens sa puissance est formidable. Plus l'homme en pouvoir est petit, plus il convient à toutes les petitesses. Chacun en se comparant à lui se dit : « Pourquoi n'arriverai-je pas à « mon tour ? » Il n'excite aucune jalousie : les courtisans le préfèrent, parce qu'ils peuvent le mépriser ; les rois le gardent comme une manifestation de leur toute-puissance. Non seulement la médiocrité a tous ces avantages pour rester en place, mais elle a encore un bien plus grand mérite : elle exclut du pouvoir la capacité. Le député des sots et des imbéciles au ministère caresse deux passions du cœur humain : l'ambition et l'envie.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Tourmentez-vous pour rétablir la vertu chez un peuple qui l'a perdue, vous n'y réussirez pas. Il y a un principe de destruction en tout. À quelle fin Dieu l'a-t-il établi ? C'est son secret.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Dans ce pays, ne comptez jamais sur deux succès rapprochés ; l'un détruit l'autre. Si vous avez quelque talent en prose, donnez-vous de garde d'en montrer en vers ; si vous êtes distingué dans les lettres, ne prétendez pas à la politique : tel est l'esprit français et sa misère.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

On peut arriver à la liberté par deux chemins : par les mœurs et par les lumières. Mais quand les mœurs et les lumières manquent à la fois, quand on ne peut être ni un républicain à la manière de Sparte, ni un républicain à la manière des Etats-Unis, on peut encore conquérir la liberté, on ne la peut garder.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

Chez une nation qui conserve encore l'innocence primitive, le vice apporté par des étrangers fait des progrès plus rapides que dans une société déjà corrompue, comme un homme sain meurt de l'air pestiféré où vit un homme habitué à cet air.

François-René de Chateaubriand - Les pensées, réflexions et maximes (1848)

J'ai un tel dégoût de tout, un tel mépris pour le présent et pour l'avenir immédiat, une si ferme persuasion que les hommes désormais, pris ensemble comme public (et cela pour plusieurs siècles), seront pitoyables, que je rougis d'user mes derniers moments au récit des choses passées.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Le Français aura beau faire, il ne sera jamais qu'un courtisan, n'importe de qui, pourvu que ce soit un puissant du jour.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

On peut remuer une Chambre populaire ; une chambre aristocratique est sourde.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

Je voulais essayer de mener les Français à la réalité par des songes, c'est ce qu'ils aiment.

François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre-tombe (1848)

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