Jean-Baptiste Massillon
Biographie :
Oratorien, professeur, prédicateur célèbre français né le 24 juin 1663 à Hyères dans le Var, Jean-Baptiste Massillon est décédé le 28 septembre 1742 à Beauregard-l'Évêque en région d'Auvergne. Évêque de Clermont-Ferrand connu pour avoir fait l'oraison funèbre de Louis XIV en 1715, Massillon fut également élu membre de l'Académie française le 29 décembre 1718.Les 53 citations de Jean-Baptiste Massillon :
Les vérités qu'on aime le moins à entendre sont souvent celles qu'il importe le plus de savoir.
Une passion vaincue renaît aussitôt, si l'on n'est sans cesse sur ses gardes.
Les passions qui n'ont point de frein s'échappent malgré nous et à la première occasion.
La véritable grandeur ne se trouve que dans la modération, la justice, la modestie et l'humanité.
Nos projets échouent sans cesse et nos espérances revivent de nos projets même renversés.
On ne peut plus rien refuser à la volupté lorsqu'une fois elle s'est rendue maîtresse du cœur.
L'ambition nous rend faux, lâches, timides, quand il faut soutenir les intérêts de la justice et de la vérité. On craint toujours de déplaire ; on veut toujours tout concilier, tout accommoder ; on n’est pas capable de droiture, de candeur, d'une certaine noblesse, qui inspire l'amour de l'équité, et qui seule fait les grands hommes.
Porté sur les ailes de la fortune, on a beau monter, la félicité se trouve toujours placée plus haut.
La véritable piété élève l'esprit, ennoblit le cœur, affermit le courage.
Si la vertu n'est pas notre premier penchant, elle est du moins notre premier devoir.
Si l'homme connaissait véritablement le monde, s'il perçait cette première écorce qui n'offre aux yeux que joie et que plaisirs, il trouverait le monde bien différent de ce qu'il paraît.
Toutes les créatures que l'homme veut faire servir à ses plaisirs deviennent l'instrument de ses peines.
Les louanges que nous donnons aux autres, se rapportent toujours par quelques endroits à nous-mêmes, c'est l'intérêt ou la vanité qui en sont les sources secrètes.
La langue du détracteur est un feu dévorant qui flétrit tout ce qu'il touche.
Il est plus d'imposteurs en ce monde que de gens véritablement sincères.
On couvre de la fierté des défauts et des faiblesses que la fierté trahit et manifeste.
Les grands haïssent la vérité parce qu'elle les rend haïssables.
L'ennui est comme l'ombre des grands, il les suit partout.
L'homme aurait toujours assez de moyens, s'il avait assez de volonté.
Des hommes boivent jusqu'à la lie, toute l'amertume de leur calice.
La plus belle de toutes nos actions est celle qui contrarie nos inclinations.
Seuls les amis véritables sont capables de partager les disgrâces de leurs amis sans refroidissement.
Toute l'habileté de l'ambition se réduit à se rendre digne des places auxquelles on aspire.
Il n'y a de mécontents en ce monde que les hommes oiseux et inutiles.
Il en coute bien moins de remporter des victoires que de se vaincre soi-même.
Éternel insatisfait, l'homme ne trouve nulle part son bonheur sur la terre.
Trop de réflexions gâtent tous les plaisirs de la vie : pour être heureux, il faut penser peu.
L'ambition, ce désir insatiable de s'élever au-dessus et sur les ruines même des autres ; ce ver qui pique le cœur et ne le laisse jamais tranquille ; cette passion qui est le grand ressort des intrigues et de toutes les agitations, cette passion qui ose tout, et à laquelle rien ne coûte, rend malheureux celui qui en est possédé.
On couvre de la fierté des défauts et des faiblesses que la fierté trahit elle-même.
La source de nos consolations est dans la confiance en Dieu.
L'égoïsme entrave tout, arrête les progrès, en empêchant les hommes de se seconder les uns les autres.
Les saisons tournent les feuillets du livre de la vie.
Celui qui ne peut faire usage de ses richesses est pauvre.
Dans les prêtres, comme dans le peuple, l'ignorance est bien plus à craindre que les lumières.
Ainsi va la vie, vos jours s'écoulent, les années s'évanouissent, puis la mort arrive.
Le masque de l'hypocrite tombe tôt ou tard : l'hypocrisie se trahit toujours par quelque endroit elle-même, c'est du moins un hommage que le vice rend à la vertu, en s'honorant de ses apparences.
La religion n'abat et n'amollit point le cœur, elle l'ennoblit et l'élève.
Celui qui par orgueil exige au-delà de ce qui lui est dû fait qu'on lui conteste même ce qu'on devrait lui rendre.
Les enfants de la gloire et de la magnificence sont rarement les enfants de la sagesse et de la vertu.
La vertu simple et sincère juge des autres par elle-même.
Rien de plus rare que de vouloir sincèrement que les hommes oublient ce qui peut nous faire honneur dans leur esprit.
La religion nous apprend à obéir aux puissances, à respecter nos maîtres, à souffrir nos égaux, à être affable envers nos inférieurs, à aimer tous les hommes comme nous-mêmes.
On peut être philosophe pour le public, mais on est toujours homme pour soi.
La mort nous paroît toujours comme l'horizon qui borne notre vue ; s'éloignant de nous à mesure que nous en approchons.
Le monde qui semble mépriser la vertu n'estime et ne respecte pourtant qu'elle.
Le monde, tout monde qu'il est, est pourtant bien aise d'avoir des gens de bien pour défenseurs et pour juges.
Le bonheur ou la témérité ont pu faire des héros, mais la vertu toute seule peut former de grands hommes.
La félicité se trouve toujours placée plus haut que nous-mêmes ; plus on s'élève, plus elle semble s'éloigner de nous.
L'on n'admire rarement que les grands événement.
Nous ajoutons toujours quelque chose du nôtre aux vices que nous censurons.
Les plus hautes places sont toujours au-dessous des grandes âmes ; rien ne les enfle et ne les éblouit, parce que rien n'est plus haut qu'elles.
L'ambitieux ne jouit de rien : ni de sa gloire, il la trouve obscure ; ni de ses places, il veut monter plus haut ; ni de sa prospérité, il sèche et dépérit au milieu de son abondance ; ni des hommages qu'on lui rend, ils sont empoisonnés par ceux qu'il est obligé de rendre lui-même ; ni de sa faveur, elle devient amère, dès qu'il faut la partager avec ses concurrent ; ni de son repos, il est malheureux à mesure qu'il est obligé d'être plus tranquille.
Le joug du monde est un joug de fer qui meurtrit et qui accable.