Jean-François Marmontel
Biographie :
Historien, romancier, poète et dramaturge français né le 11 juillet 1723 à Bort-les-Orgues, Jean-François Marmontel est décédé le 31 décembre 1799 au hameau d'Habloville, situé près de Saint-Aubin-sur-Gaillon dans le département de l'Eure, où il vivait depuis 1792. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 36 citations de Jean-François Marmontel :
L'espérance qui soutient le courage peut s'étendre aussi loin qu'on veut.
La bêtise est rare parmi les hommes, mais les bêtises sont fréquentes.
Chez les hommes, la jalousie est plus sombre, plus fière et plus humiliante. Chez les femmes d'un caractère superbe et violent, elle éclate par des fureurs, mais c'est pour les femmes timides, tendres et délicates, qu'elle est un supplice cruel et digne de pitié.
Le juste est celui qui fait de son mieux pour l'être, car la droiture est dans la volonté.
La vie est un petit voyage où l'on est dans la barque assez mal à son aise, mais dont le port sera délicieux.
Attaquer le luxe, c'est attaquer une hydre : on lui coupe une tête, il en repousse mille, ou plutôt c'est comme un Protée qui, sous mille formes diverses, échappe à qui veut l'enchaîner.
Si l'amour des richesses anime l'ambition, il la rendra perfide et noire ; si l'amour des richesses se mêle au courage, il le déshonore par les excès les plus criants : il imprime la tache de la vénalité aux talents les plus estimables, et l'âme qui en est esclave est sans cesse exposée en vente pour se livrer au plus offrant.
Savez-vous ce qui accable la classe laborieuse et souffrante d'un Etat ? C'est le fardeau que rejette sur elle la classe oisive et jouissante. Ceux qui, par leur richesse, participent le plus aux avantages de la société sont ceux qui contribuent le moins aux frais de sa régie et de sa défense. Il semble que l'inutilité soit un privilège pour eux. Obtenez que cet abus cesse ; qu'on distribue, selon les forces et les facultés de chacun, le poids des dépenses publiques : ce poids sera léger pour tous.
Un seul jour ébranle et renverse vingt ans des plus heureux travaux.
L'oppression excite la révolte, qui rompt tous les nœuds de la paix.
Chacun doit être son premier juge, et chacun doit savoir ce qui lui est prescrit, défendu, permis par la loi. Il faut pour cela des lois simples, claires, sensibles, en petit nombre, et faciles à appliquer.
Si les paysans et les agriculteurs n'obtenaient, par le travail le plus rude et le plus constant, qu'une existence malheureuse, ce ne seraient plus des citoyens, mais des esclaves : leur condition leur deviendrait odieuse et intolérable ; ils y renonceraient, ils changeraient de classe, ou cesseraient de se reproduire, et de perpétuer leur activité de père en fils.
Les paysans et les agriculteurs n'ont pas les besoins insensés du luxe, mais plus leur vie est frugale et modeste, plus on les reconnaît sobres et patients, plus on est sûr, quand ils se plaignent, qu'ils se plaignent toujours avec raison.
Dans le langage de la cour, manquer du nécessaire, c'est n'avoir pas de quoi nourrir vingt chevaux inutiles, vingt valets fainéants, mais dans le langage du laboureur, c'est n'avoir pas de quoi nourrir son père accablé de vieillesse, ses enfants, dont les faibles mains ne peuvent pas l'aider encore, et sa femme enceinte ou nourrice d'un nouvel enfant ; c'est n'avoir pas de quoi faire à la terre les avances qu'elle demande, de quoi soutenir une année de grêle ou de stérilité, de quoi se procurer à soi-même et aux siens, dans la vieillesse ou la maladie, les soulagements, les secours dont la nature a besoin.
On a vu des nations se relever des plus terribles chutes, revenir de l'état le plus désespéré, et après les crises les plus violentes, se rétablir avec plus de force et plus de vigueur que jamais.
Un Etat où la faveur domine ressemble à ces campagnes désolées, ou quelques plantes nécessaires et très utiles, qui naissent d'elles-mêmes, sont étouffées par les ronces.
La bienveillance, de toutes les vertus, il n'en est pas qui ait plus de charmes.
L'art de régner consiste à suivre les mouvements d'un esprit juste et d'un bon cœur.
Que l'autorité soit conforme aux lois, c'est aux lois seules qu'elle est soumise.
La loi est l'accord de toutes les volontés réunies en une seule.
L'amitié, conçue dans la joie, se nourrit et s'accroît aussi au milieu des douleurs.
L'amour de la guerre est le monstre le plus féroce que l'orgueil de l'homme ait engendré.
La victoire est un plaisir bien doux.
La facilité à jouir de tout fait qu'on n'est ému de rien.
La satiété est la plus funeste langueur ou jamais puisse tomber une âme.
Le courage d'un chef consiste à s'élever au-dessus de tous les évènements.
L'homme de bien fait son devoir sans regarder autour de lui. Dieu et son âme sont les témoins dont il va mériter l'aveu. Une bonne volonté franche, un courage délibéré, un zèle prompt à concourir au bien, voilà les signes d'une grande âme.
L'ambition se glisse aisément dans le cœur d'un homme bien né, mais cette passion, dans ses excès, a sa bassesse tout comme une autre. Elle se croit haute parce qu'elle range au-dessous d'elle tous les devoirs de l'honnête homme ; et si vous voulez savoir ce qu'elle en fait, regardez un oiseau de proie, planer le matin sur la campagne, et choisir d'un œil avide entre mille animaux tremblants celui dont il lui plaira de faire sa pâture, c'est ainsi que l'ambition délibère à son réveil, pour savoir de quelle vertu elle fera sa victime.
L'homme juste qui lutte contre l'adversité la dompte par son courage.
Qui vend le pain aux prix de l'or affame le peuple.
Le ciel est juste, tôt ou tard les méchants sont toujours punis.
Quiconque s'attend à un salaire est esclave, la grandeur du prix n'y fait rien. L'âme qui s'apprécie un talent est aussi vénale que celle qui se donne pour une obole.
L'or est vil au prix du chêne et du laurier quand ceux-ci sont le gage de la reconnaissance et de l'estime.
La force de l'âme, comme celle du corps, est le fruit de la tempérance ; sans elle, point de désintéressement, point de vertus.
Désirer d'être utile au monde, c'est désirer d'être éclairé.
La vérité est la mère de la vertu. La première vérité reçue, toutes les autres n'ont qu'à venir en foule, elles auront un libre accès.