Jean-Antoine Petit, dit John Petit-Senn.
Sa biographie :
Écrivain et poète satirique d'origine franco-suisse né le 6 avril 1792 à Genève, Jean-Antoine Petit-Senn, dit John Petit-Senn, est décédé le 2 mars 1870 dans sa ville natale. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 50 citations de John Petit-Senn :
Respectons les cheveux blancs, mais surtout les nôtres.
Nos intérêts sont des grains à l'opium pour la conscience, mais ils ne l'endorment qu'au prix d'un épouvantable réveil.
L'importance qu'on a ne vaut jamais celle qu'on se donne.
Jeunes, les vérités morales sont pour nous comme des portraits, dont l'expérience de la vie nous dévoile les originaux.
Pourquoi représenter la vérité nue ? C'est elle que le monde habille le plus et le mieux.
La meilleure conduite est celle qui nous procure l'amour et l'estime des honnêtes gens.
Les fats sont une race d'hommes enfants, les Lilliputiens moraux de la civilisation actuelle ; et, bien qu'ils aient cœur, âme et tête comme tout le monde, il n'y a chez un fat de chaud que son feu, de bien garni que son armoire, et de réflexion vraie que celle de sa glace.
L'amour-propre est l'opinion avantageuse que nous avons de nous-mêmes, l'estime que nous nous accordons, et nous le retrouvons toujours assis dans notre intérieur comme un fidèle ami qui ne nous quitte qu'à la mort.
Le bien qu'on pense des uns est basé parfois sur le mal qu'ils disent des autres.
L'égoïsme est un miroir que nous prenons pour un transparent.
L'opinion publique est une courtisane : on cherche à lui plaire sans l'estimer.
Les préludes de l'amour sont charmants ; on les dit toujours trop courts alors qu'ils sont passés, et l'on convient généralement que les plaisirs qu'ils donnent valent mieux que ceux qu'ils promettent.
Il y a plus de sûreté à être brave qu'à être poltron.
Le bonheur est le fruit de la sagesse.
N'osant attaquer le méchant en face, on le frappe en lâche par derrière.
L'ami dont on parle ne vaut jamais celui à qui l'on parle.
Le monde n'est qu'un perpétuel bal masqué où les cœurs se présentent tous sous des dominos roses et riants ; c'est entre eux un continuel échange d'hypocrisie et de dissimulation ; on s'y dit tout, sauf ce qu'on pense ; on y paraît tout, sauf ce qu'on est ; le plus vertueux est celui qui y fait le moins de dupes ; le plus heureux, celui qui ne l'est pas lui-même.
Les désœuvrés, n'ayant jamais su travailler pour leur compte, s'occupent avec d'autant plus d'ardeur des affaires d'autrui.
Il est doux de plonger son âme dans le passé, de jeter un coup d'œil fugitif sur la route fleurie qu'on a laissée derrière soi, et qu'on n'aperçoit plus qu'à peine du sein des landes stériles où l'on se trouve parvenu.
Les illusions de la vie tombent une à une comme en automne les feuilles de l'arbre.
L'amour est un sentiment si pur dans un cœur bien épris, que des accords mélodieux, qui s'élèvent dans le calme des belles nuits d'été, me semblent seuls capables de l'exprimer dignement.
La jeunesse dissipe pour vivre, et la vieillesse amasse pour mourir.
Pour se suffire à soi-même, il faut être plante, polype ou Dieu.
Quand deux hommes se disputent, c'est qu'il y a un sot parmi eux.
L'opinion est une chimère, son effet une réalité.
Il est des gens qui ne savent que nuire ; le seul bénéfice qu'il y ait à s'en faire des amis, c'est de ne pas les avoir pour ennemis.
Il n'est pas un parvenu qui ne désire encore parvenir à quelque chose.
On accroche son ressentiment contre quelqu'un à un seul motif, et l'on en a souvent mille pour l'aimer.
La pruderie qui survit, chez une femme, à la jeunesse et à la beauté me semble un épouvantail pour les oiseaux, oublié dans les champs après la moisson.
Le génie prosterné devant le pouvoir ne prospère pas mieux que le blé couché par le vent ; tous deux doivent mûrir debout.
Les sirènes de jadis sont les prospectus d’aujourd’hui ; comme elles, ils finissent en queue de poisson... d'avril.
L'athée, cherchant en vain Dieu dans la nature, me semble l'ombre niant le soleil qui ne la frappe jamais.
Quand le printemps vient à notre maison des champs sans nous y trouver établis, il jette ses violettes à la porte pour carte de visite.
Ne croire à ses talents que pour en remercier Dieu, c'est sanctifier l'amour-propre.
Le grand homme doit se retirer par moments de la scène pour ne pas fatiguer l'admiration ; car, si brillant que soit le soleil, il aurait bien tort de ne pas se coucher.
L'expérience dévoile trop tard les embûches tendues à la jeunesse, c'est le froid brouillard qui met à découvert la toile d'araignée quand les mouches ne sont plus là pour s'y prendre.
Les belles actions sont un peu comme les sirènes : il ne faut voir ni les motifs des unes ni la queue des autres.
La saveur des pensées détachées dépend d'une expression concise : ce sont des grains de sucre ou de sel qu'il faut savoir fondre dans une goutte d'eau.
Prétendre émouvoir, avec un même discours, des auditeurs différents d'âge, de sexe, d'état, d'éducation, c'est vouloir, avec une même clef, ouvrir toutes les serrures.
Celui qui ne voit pas Dieu partout ne le trouve nulle part.
Un diplomate ne cherche pas d'amis vrais ; les joues qui accueillent le fard congédient les baisers.
Petit-maître sur le retour, papillon sur la neige.
Les domestiques parfaits seraient les pires de tous chez nombre de maîtres dont le bonheur consiste à les reprendre de leurs fautes.
Celui qui aime ses flatteurs suit, sans le vouloir, le divin précepte : Aimez vos ennemis.
À l'auteur qui fait aimer ses livres je préfère celui qui s'y fait aimer.
La politique des courtisans ressemble à leur ombre : elle rampe et tourne avec l'astre du jour.
Les athées ont de meilleures raisons de craindre Dieu que de croire en lui.
À Paris, l'esprit court les rues ; aussi est-il parfois crotté.
Le bonheur de l'âme sensible s'accroît de ce qu'elle retranche au malheur d'autrui.
L'esprit fait vivre un ouvrage ; le génie l'empêche de mourir.