Elisabeth Charlotte Pauline de Meulan
Biographie :
Écrivaine et journaliste française née le 2 novembre 1773 à Paris, Elisabeth Charlotte Pauline de Meulan est décédée le 1er août 1827 dans sa ville natale. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 54 citations de Pauline de Meulan :
Dans la vieillesse, on n'attend rien du monde, parce qu'on n'a rien à lui offrir : on le regarde comme moins important, à mesure qu'on y devient moins important.
L'inconvénient du tour d'esprit, c'est de fausser les vertus.
La politesse a cela de bon, qu'elle ne prouve pas autre chose qu'elle-même, et tient lieu de ce qui vaut mieux qu'elle.
L'avare amasse, d'abord pour posséder, ensuite pour amasser.
L'avare, faute d'une réparation de mille écus, laissera sa maison se détériorer de vingt mille francs.
Le méfiant est en état de guerre avec le genre humain. S'il s'aide d'un allié, ce n'est jamais que pour se défendre contre un autre ; ses liaisons sont des liaisons de méfiance ; c'est la force du soupçon qu'il conçoit contre celui-ci qui le jette du côté de celui-là ; mais bien souvent, en se méfiant de celui qui l'avertit de la trahison, il se méfie aussi du traître.
L'esprit est peut-être le seul des biens de ce monde qui soit sans mélange ; seul avec la vertu, il ne laisse aucun regret après lui.
Je sais bien que, dans le monde, on n'apprend pas à parler raison, mais c'est du moins au nom de la raison qu'on y dit les plus grandes sottises, et les gens du monde ne manquent guère, comme les ivrognes, de commencer par vous dire : Raisonnons !
Il faut prendre le monde comme il est.
Les bons airs sont au bon ton ce qu'est la civilité à la politesse, la mode à l'élégance.
Vouloir plaire et ne pas craindre de déplaire, voilà la source de tous les ridicules du monde.
La mélancolie est la convalescence de la douleur.
Une première confidence est en amitié ce qu'est en amour un premier aveu.
L'inconstance de la conduite doit être la suite de l'impétuosité : mais, dans les caractères légers, c'est le caractère qui s'épuise et qui, incapable d'un long effort, laisse mollement retomber ce qu'il avait d'abord saisi avec ardeur.
Il existe chez certaines personnes une horreur pour toute espèce de gêne qu'on décore du nom d'indépendance de caractère, et qui tient bien plus souvent à la paresse qu'à la hauteur d'âme.
L'homme faible, incapable de supporter le poids de sa liberté, l'attache à celle d'un autre, et les enchaîne ainsi toutes les deux.
Il y a des caractères qui soutiennent trop bien le malheur pour en profiter, et le portent trop légèrement pour en garder les marques ; tout ce qui leur reste de l'adversité, c'est une certaine habitude qui leur apprend comment il faut se conduire avec elle pour n'en pas trop souffrir.
Comme les esprits doués de génie, les caractères capables d'affections fortes ont aussi des obscurités qui ne se développent jamais qu'à leur avantage ; mais l'occasion seule en peut faire sortir ce qu'elles contiennent.
L'homme qui ne sait se lever et marcher que pour un but important ne s'égarera point dans les petites routes de traverse où nous engagent les petits goûts, les petites distractions, les petits plaisirs ; il restera à sa place ou ira droit devant lui ; il végétera ou deviendra un homme supérieur.
Peu de gens savent ce que c'est que l'amour, et parmi ceux qui le savent, il en est bien peu qui le disent. Heureux, ce sentiment, s'il se prolonge, se concentre dans son bonheur ; malheureux, il se concentre encore plus dans sa peine : il semble avoir honte des tourments qu'il cause, et les cache comme s'il avait la conscience d'avoir manqué sa destination.
Savoir aimer, c'est savoir choisir celui des intérêts de la vie auquel on veut appartenir ; c'est savoir qu'il existe une chose qu'on veut par-dessus tout, à tout prix, quelque sacrifice qu'il en coûte. On ne prévoit ni le prix qui sera demandé, ni les sacrifices qu'il faudra subir ; et pourtant, sans savoir de quoi, il est certain qu'on sera capable.
Il n'y a que les passions fortes qui sachent supporter les grandes douleurs, parce qu'il n'y a qu'elles qui aient de quoi les payer.
Tel est le charme de la reconnaissance des enfants ; ils ne remercient pas, ils jouissent, ils ne pensent qu'à la joie qu'ils ressentent, sans songer à celui qui la leur procure. Tous leurs plaisirs sont personnels, voilà pourquoi on aime tant à leur en donner. Soyons quelquefois un peu enfants, pour que ceux qui nous aiment puissent jouir du plaisir de nous caresser.
Une nouvelle amitié peut distraire d'un ancien amour.
Accoutumer son esprit à l'activité, son âme à l'élévation et au courage, connaître ses ressources et surtout ses faiblesses, s'être promis de savoir, dans l'occasion, employer les unes et se garder des autres, se bien accoutumer à se tenir parole, en tout apprendre à s'estimer, voilà le vrai moyen pour résister à tout.
Le propre du génie est de suppléer à l'expérience.
Il n'y a que les gouvernements et les médecins qui puissent savoir à quel point, pour servir les hommes, on a besoin d'apprendre à ne se dégoûter de rien.
Celui qui sait toujours ce qu'il dit ne prouve jamais ce qu'il avance aussi fortement que celui qui ne sait ce qu'il dit prouve la force du mouvement qui l'entraîne à déraisonner.
Il y a des blessures que la raison et l'amour-propre enseignent à dissimuler.
Écoute l'avis de chacun, mais ne t'en rapporte qu'à ton propre jugement.
Le courage dans la mauvaise fortune n'est peut-être pas si rare que la tranquillité dans la bonne.
Pour un jour douter de beaucoup de choses, il faut avoir commencé par ne douter de rien.
Il y a quelque chose dans le monde qui ne persuade presque jamais personne, ce sont les bonnes raisons ; la cause en est simple ; on ne vous donne jamais de bonnes raisons que lorsqu'on voit que vous ne seriez plus disposé à en écouter de mauvaises.
La connaissance ne peut être que le fruit d'une longue réflexion.
Le malheur de beaucoup de gens d'esprit est d'avoir beaucoup d'idées et peu de connaissances, ce qui les conduit sans cesse à juger de ce qu'ils ne connaissent pas : un esprit plus borné leur serait, en certains cas, d'un grand avantage.
Plus on a d'esprit et d'imagination, plus il est utile d'avoir de l'instruction et de la mémoire.
Le monde où s'égarent les gens d'esprit est pour le sot un monde sans existence.
À quoi bon apprendre à se vaincre si l'on n'a jamais à combattre ?
Ne faites que les sottises qui vous feront beaucoup de plaisir.
Le désœuvrement est le tourment d'une vie oisive.
Le bonheur passé est un bien qu'on nous a ôté, le plaisir passé un bien dont nous avons joui.
L'activité variée détruit la monotonie d'une existence sans but.
Qu'on dise à un honnête homme qu'il est un fripon, il ne s'abaissera pas à répondre à ce qu'on lui dit. Qu'on veuille démontrer à une honnête femme qu'elle doit cesser de l'être, elle répondra à tout autre chose qu'aux raisons qu'on lui donne. Discuter, c'est convenir qu'il y a matière à discussion. Voilà pourquoi, en certains cas, il n'est pas permis à un homme d'honneur de prouver ce qu'il soutient, ni à une femme qui se respecte de justifier ce qu'elle fait.
L'écueil de la modestie, ce n'est pas l'idée de ce qu'on est, mais l'idée de ce qu'on vaut ; ce n'est pas la différence qu'on croit voir entre soi et les autres hommes, mais le prix qu'on croit pouvoir attacher à cette différence.
L'artisan cherche dans l'activité de son travail l'assurance du repos de sa vieillesse.
Le plaisir tranquille est l'objet commun de toutes les passions des hommes.
Il y a une certaine délicatesse de mœurs qui tient à la délicatesse de l'esprit ; qui ne remplace pas les bonnes mœurs, mais sauve quelque chose des mauvaises ; qui n'est pas le résultat d'un sentiment plus pur, mais d'une raison plus exercée.
L'homme bien élevé ne jure que quand il est en colère ; l'homme du peuple jure de plaisanterie, il jure de conversation, d'habitude.
Il y a des gens toujours occupés, ce sont généralement ceux qui n'ont rien à faire.
La plus grande partie de l'existence se remplit d'actions indifférentes en elles-mêmes, et qui n'ont de prix que par celui qu'on y attache.
Je ne veux dépendre de personne, et que personne ne dépende de moi ; mon caractère assure aux autres l'indépendance que je leur demande pour moi-même.
Il faut des vertus pour être capable d'aimer avec excès ; il en faut bien davantage pour que cet excès ne soit qu'un malheur et ne devienne jamais un tort.
La sensibilité seule peut nous donner la mesure des maux que seule elle nous fait partager.
Pour être économe, il faut savoir dépenser à propos, et c'est ainsi qu'on peut être libéral.