Pierre Reverdy.
Biographie :
Romancier et poète français né le 11 septembre 1889 à Narbonne dans le département de l'Aude, Pierre Reverdy est mort le 17 juin 1960 à l'âge de 70 ans à Solesmes dans le département de la Sarthe. Ses principales œuvres sont Les ardoises du toit (1918), les sources du vent (1929), Ferraille (1937), La liberté des mers (1947-1955), Le chant des morts (1948), et Sable mouvant (1959). Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 64 citations de Pierre Reverdy :
On appelle défauts ce qui, chez les gens, nous déplaît, et qualités ce qui nous flatte.
Pour le primitif l'art est un moyen, pour le décadent, il devient un but.
On méprise l'aumône qui est dure, mais on ne se méprise pas d'être si complètement dépourvu de véritable charité.
Il n'y a pas d'amour sans souffrance et il ne peut pas y avoir de christianisme sans amour.
On est plus durement prisonnier de la haine que de l'amour.
La gloire est un vêtement de lumière qui ne s'ajuste bien qu'aux mesures des morts.
II y a des hommes qui ont le sens de la réalité, et d'autres à qui il fait totalement défaut.
L'amour sans les actes n'est que la plus grande illusion supportée par un mot des plus courts.
Qu'est-ce que c'est qu'un grand homme méconnu ? C'est comme un arbre dont les branches constamment taillées et retaillées le laisseraient se développer d'abord tout en racines. L'épanouissement en hauteur n'en serait que plus luxuriant après, mais ceci n'est dit que pour l'œuvre. De l'homme, autant dire, évidemment, que ce n'est rien.
Mémoire sans éclat où rien n'est enfermé. Esprit qui se rendort aussitôt qu'éveillé.
La nuit d'un œil hagard contemple le désastre.
La poésie a été mise au monde par l'homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui, mais il la cherche dans la nature comme s'il l'avait laissé échapper.
Le poète est un transformateur de courant — de la haute tension du réel au fil incandescent qui donne la lumière — dans les mots, l'étincelle des sentiments, des idées.
À force d'amour-propre on aboutit à la haine-propre.
Les rêves de la nuit viennent souvent de ce qui s'est passé la veille et ils influencent à leur tour, par l'humeur qu'ils nous laissent, ce qui se passe le lendemain. Et la texture du rêve change, avec l'âge, comme notre humeur et nos facultés, naturellement, encore que la notion d'âge en soit toujours absente. Il semble que le rêve du sommeil tende à devenir de plus en plus conscient, que nous soyons toujours plus près de savoir que nous rêvons et comptions de plus en plus, pour nous tirer des pires embarras, sur le réveil.
Le secret de l'être, c'est l'amour ; celui de la mort, c'est la haine.
Le poète est un kaléidoscope. Il entre peu de chose dans l'infinie diversité de ses combinaisons. Il est aussi un alambic, fournissant la plupart du temps de l'eau de rose mais, si on le bourre de lie ou de piquette, parfois, d'excellente eau-de-vie.
La poésie n'est pas dans la réalité, elle est dans le rêve et l'illusion de l'homme, et la vie ne serait pas surmontable, pour l'homme, sans la poésie. C'est pourquoi, bons ou mauvais, il n'y a pas d'époque sans poètes, on se passerait plutôt de chaudronniers.
Le pauvre a beaucoup plus de mépris pour la pauvreté (il sait que c'est un vice) que le riche.
Le goût de la solitude est peut-être une maladie ou une sorte d'infirmité de l'esprit.
La confiance en soi, rien de mieux établi sur l'inconscience de soi.
Le succès grise et gâte et l'insuccès aigrit, mais aucun ne préserve de devenir gâteux.
Ce qui importe en art et en morale, c'est de se poser les questions et de les résoudre soi-même.
Dans soi il y a plus d'ombre que de lumière, car nous sommes à l'intérieur et le soleil éclaire surtout la façade. L'autre n'est pas le soleil mais il est pour nous une façade et la lumière qu'il nous renvoie est faite de beaucoup de soleil mais aussi de la couleur du fond de la façade.
La connaissance des autres est un moyen de connaissance de soi. On ne connaît pas soi par soi.
Quel mal il se faut donner pour plaire, pour nous plaire, et comme il est facile, sans qu'on le veuille, de froisser, d'être froissé.
Plein d'amour-propre, on agit envers les autres comme s'ils n'en avaient pas.
Du commencement à la fin de l'amour c'est un mouvement qui débute dans la lumière aveuglante des sommets et qui s'achève sous le lumignon d'une cave.
Une blessure d'amour-propre n'est qu'une défaillance de la personnalité.
La tendresse n'est, la plupart du temps, qu'une faiblesse mal dissimulée.
Celui qu'on ne prend pas au sérieux veut paraître plus sérieux que les plus sérieux d'un milieu sérieux.
L'amour c'est le moule où l'on veut refondre tout objet poursuivi à l'image de soi.
Il n'y a que l'amour de soi qui ne coure aucun risque à être clairvoyant, aucune lumière, aucun éclairage ne saurait l'atténuer.
Entre l'homme et la femme. Duel ou duo — sans pousser plus loin la plaisanterie.
Un défaut capital chez un homme peut être son meilleur point d'appui. On peut ne pas vouloir l'admettre mais il faut le respecter. De l'extérieur ce n'est qu'un défaut, à l'intérieur ce peut être quelque précieuse qualité et, si l'on ne peut diviser cette pierre angulaire en deux, il faut la laisser telle qu'elle est pour ne pas mettre à bas tout l'édifice. Ce peut être l'orgueil, l'égoïsme, la dureté qui se voient, et, derrière, on ne sait jamais.
On tire à soi le ciel comme la couverture, et, pour mieux aimer Dieu, on le rend plus humain.
Une pensée sévère, même juste, écrite sur un ami, à présent disparu, quel remords ! Il n'y a pas de jugement sans appel, au tribunal où siègent alternativement le cœur et l'esprit.
Avez-vous remarqué que la mortalité est toujours presque nulle chez vos ennemis ?
Un cœur sec, c'est comme une bourse plate et vide. Il n'y a pas d'avarice pas plus que de générosité possibles dans l'extrême dénuement.
Une vie compliquée, une chambre en désordre, qu'importe si tout y est net et propre, cela vaut mieux que la saleté bien rangée.
En art, on ne vise pas, on atteint. Et c'est ce qui est atteint qui devient le but. Tout autre chose que ce que l'on croyait viser.
La religion, c'est, pour certains, un niveau étale, médiocre et normal ; pour d'autres c'est une ascension ; et pour d'autres enfin, une chute. Où trouvez-vous que peuvent être les meilleurs ?
Silence des sens, silence de l'esprit : Ardeur du cœur dans le silence des sentiments.
La vérité ne sort pas du puits, elle entraîne celui qui la recherche au fond.
Il n'est pas de gloire en ce monde sans vanité.
La fameuse bonne foi n'est souvent qu'un manque de conscience et de loyauté envers soi-même.
L'on ne se mêle de critiquer un art que parce qu'on n'y a pas réussi.
On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux.
L'amour engendre l'amour.
Il n'y a pas de meilleure vengeance que l'oubli des injures.
Une éducation trop rigide glace l'âme, une éducation trop lâche la perd.
Quand on est un élève qui prend des leçons, il est vain d'affecter l'air d'un maître qui en donne.
L'avenir est un paradis d'où, exactement comme de l'autre, personne n'est encore jamais revenu.
La commune mesure des hommes ce sont les petitesses, et non pas la grandeur.
L'amour-propre a des plaies secrètes que rien ne saurait secourir.
Là où l'orgueil souffre et se tend, et là où l'amour-propre saigne, la sotte prétention trouve matière à se réjouir.
Quand tu rencontres la douceur, sois prudent, n'en abuse pas, prends garde de ne pas démasquer la violence.
Contre l'imbécile égoïsme des hommes, il n'y a d'autre recours que d'entrer dans leur jeu sans les suivre.
On s'aperçoit qu'on a un estomac bien avant de se douter qu'on a une âme.
Ne rien connaître de Dieu ni de l'éternité de l'âme, c'est ne pas être.
Le seul bonheur, c'est aimer de vivre.
Un ami, c'est quelqu'un à qui l'on a donné barre sur soi mais qui doit bien se garder d'en abuser.
Il n'y a pas d'amis, il n'y a que des complices.
Ce n'est pas tellement de liberté qu'on a besoin, mais de n'être enchaîné que par ce que l'on aime.