Publilius Syrus, dit Publius le Syrien.
Biographie :
Poète latin né en Syrie vers 85 av. J.-C., Publilius Syrus est mort après 43 avant Jésus-Christ. Célèbre poète comique né esclave puis affranchi par Domitius, Publilius Syrus, dit Publius le Syrien, est l'auteur de nombreuses sentences en vers publiées pour la première fois vers 1552. Jules César, l'ayant trouvé digne de participer aux joutes littéraires, l'amèna à Rome où Syrus put lire publiquement ses pièces, ce qui lui fit obtenir la préférence sur tous les autres mimes de son temps.Les 74 citations de Publilius Syrus :
Un livre plein d'esprit en donne, l'esprit autour de soi rayonne.
Peu de gens au péché pensent à se soustraire ; tous, en faisant le mal, savent qu'ils vont mal faire.
Quand il fait une fois le bien, par aventure, le méchant se fourvoie et ment à sa nature.
En fort méchants gens l'espèce humaine abonde, on en trouve partout à tous les coins du monde.
L'homme a en lui des instincts vertueux qui l'empêchent de croire aux crimes monstrueux.
Un bonheur trop constant que nul frein ne tempère, surexcite l'orgueil et nourrit la colère.
Vouloir taire une faute est souvent le moyen de faire, en l'aggravant, quelque chose de rien.
Ne faites point rougir le front de votre ami si vous ne voulez pas en faire un ennemi.
Le pauvre, quel est-il ? Est-ce le gueux ? Le chiche ? Non, c'est celui qui se croit riche.
Ceux qui sillonnent les mers n'ont pas le vent dans la main.
Le mot patrie est un mot vide et creux, la patrie est partout où nous vivons heureux.
La mort est préférable à l'esclavage.
Publier le don que l'on a fait, c'est le redemander
Un pupille vit peu lorsque les doigts crochus d'un avide tuteur ont soin de ses écus.
Oh ! combien lentement coulent les tristes jours, et que les jours heureux sont rapides et courts !
Il ne faut ni trop parler, ni se taire sans cesse, c'est entre les deux que se tient la sagesse.
Il ne périra pas sous ses murs en ruine celui qu'une lézarde inquiète ou chagrine.
Qui voyons-nous à l'art dénier leur appui ? Les sots qui n'ont pas su s'élever jusqu'à lui.
L'homme qui vit en butte aux outrages du sort n'est jamais assez tôt délivré par la mort.
De la nécessité respectant les décrets, le vrai sage contre eux ne murmure jamais.
Quand au logis la faim ouvre une brèche, tout bois est bon pour faire flèche.
Le pays se console à voir un citoyen compatissant au mal, et pratiquant le bien.
Triste plaisir celui que déflore au passage d'un péril encouru la glaciale image !
On croit par le malheur l'honnête homme abattu, mais le malheur ne peut atteindre la vertu.
Malheur, trois fois malheur à qui prend pour amie une Laïs impure, instrument d'infamie !
Le malheur nous apprend si nous avons ou non, un ami véritable ou seulement de nom.
Notre intempérance et ses funestes suites, de nos médecins font bouillir les marmites.
L'homme bon par calcul, et non pas par penchant, mérite à tous égards qu'on l'appelle méchant.
Le fourbe n'est jamais plus à craindre que quand il prend un masque pour feindre.
Gardez-vous d'un valet, docteur et fanfaron, qui veut, férule en main, régenter son patron.
D'un seul homme bientôt la malice féconde en malédiction tombe sur tout le monde.
Quand le diable est entré dans nos têtes, il a, pour s'exercer, cent raisons toujours prêtes.
Vis en homme, en homme apprend à souffrir ; qui n'a pas bien vécu ne sait pas bien mourir.
Le sort d'un médecin est bizarre et fatal : Quand les clients vont bien, le médecin va mal.
La fortune de nous amèrement se raille ; si l'on compte sur elle, on ne fait rien qui vaille.
Toujours un homme sage et doué de raison flaire à demi le traître et craint la trahison.
Heureux qui de sa vie a vu trancher le cours sans avoir de la mort invoqué le secours.
À plaire au plus grand nombre il ne faut pas tâcher, c'est l'éloge des bons que l'on doit rechercher.
Quel mal, si grand qu'il soit, ou quelle affliction, ne trouvent quelque part leur compensation ?
Rien ne peut se faire avec précaution et promptitude tout à la fois.
L'humble toit où jamais l'encens pur n'a brûlé offre aux dieux la farine et le gâteau salé.
S'il faut du même coup qu'un innocent périsse, mieux vaut qu'un criminel échappe à la justice.
La fortune nous prend ou nous abandonne, et rien n'est moins à nous que ce qu'elle nous donne.
À quoi bon la fortune et son apanage, si l'on est hors d'état d'en pouvoir faire usage ?
Qui dans le mal s'est instruit à plaisir est toujours, dès qu'il peut, prêt à s'en souvenir.
Il nous faut tous, si haut que nous portions la tête, partir d'en bas pour arriver au faîte.
La fortune, par nous un instant courtisée, malgré tous ses atours est bientôt méprisée.
L'esclavage est le plus grand de tous les maux.
Roi, sujet, riche ou pauvre, et faible comme fort, tout ce qui naît et vit doit tribut à la mort.
Si le mal de la mort était compté pour rien, la mort, en vérité, serait un trop grand bien.
Soyez sage pour vous : La sagesse qu'on aime, est celle qu'en son cœur chacun a pour soi-même.
Quand le mal partout trône et règne en vainqueur, l'homme qui fait le bien, c'est lui qui fait erreur.
Une vieille, qui joue, et singe la jeunesse, fait sourire la mort et la met en liesse.
Quand le pauvre amour meurt, il meurt de vétusté, c'est le temps qui le tue, et non la volonté.
Avant d'être adultère, on l'est déjà dans l'âme, lorsque de son prochain on convoite sa femme.
Tout ce que la pudeur a pris soin d'interdire, déshonorant à faire, est déshonnête à dire.
Qui se vante soi-même avec immodestie, trouve vite un railleur pour la contrepartie.
L'esclave a beau chercher à briser son entrave, il se rend malheureux, sans cesser d'être esclave.
Oh ! de quelle amertume on se sent abreuver, forcé de perdre ceux qu'on eût voulu sauver !
Pour enseigner l'honneur tout maître est impuissant, c'est un trésor divin qu'on porte en naissant.
Nous devons supposer qu'il est toujours présent, celui qui peut de nous se venger, même absent.
Le bonheur, à l'envi bien que chacun l'encense, n'a de l'adversité jamais eu la puissance.
L'homme est, en général, foncièrement méchant : S'il est bon, c'est par crainte, et non par penchant.
À chaque arbre son fruit : Si vous voulez des cormes, montez sur les cormiers, et non pas sur les ormes.
Aux pratiques du bien ardent à se plier, l'esprit humain a peine à s'en rassasier.
Ou plutôt, on verra, haletante et fourbue, au but avant le lièvre arriver la tortue.
Voulez-vous prévenir l'indigence ennemie ? Soyez sobre, et vivez avec économie.
Il n'est jamais plus à craindre la méchanceté que quand elle prend les dehors de la bonté.
La précoce raison chez un enfant m'afflige, et j'ai fort peu d'amour pour un petit prodige.
Notre bonheur n'est rien qu'un bonheur éphémère, s'il n'a, chemin faisant, passé par la misère.
Un vieillard devrait se cacher et rougir quand il commence à vivre au moment de mourir.
Une corde, si bien qu'elle ait été tordue, doit finir par casser quand elle est trop tendue.
Pouvoir faire le mal avec toute licence, et ne le vouloir pas, est un mérite immense.
Quel tourment que celui de se voir museler, quand la langue démange et grille de parler !