Simon de Bignicourt
Biographie :
Écrivain, moraliste, philosophe et poète français né le 15 mai 1709 à Reims, Simon de Bignicourt est mort à Paris le 6 juin 1775 à l'âge de 66 ans. Conseiller au présidial de Reims, auteur ingénieux d’un assez grand nombre de poésies légères écrites en latin, il a aussi publié des pensées détachées qui ont été réimprimées sous le nom de Pensées et réflexions philosophiques en 1755.Les 200 citations de Simon de Bignicourt :
Le bon esprit concilie les hommes ; le bel esprit les divise.
L'expérience tient quelquefois lieu de jugement à ceux qui ne l'ont que médiocre.
Il faudrait s'entendre penser pour ne rien dire qui ne valut mieux que le silence.
Le premier tort avec les femmes est souvent de ne pas leur dire ce qu'on en pense.
On médit rarement ceux dont on n'a aucun bien à dire.
L'amour dans les cœurs tendres est une fièvre continue.
L'imagination se rend complice de tout préjugé qui contribue à la flatter.
Moins l'homme a de talents, et plus il a de sortes d'ambitions.
II n'est point d'homme plus à craindre que ceux qui n'ont plus rien à espérer.
L'espérance est la mère de l'imprudence, et vice versa.
L'espérance est la manne de l'orgueil, elle a pour lui tous les goûts.
Le génie est comme la nature, il parvient à son but par la voie la plus simple.
La plupart des femmes ont des défauts que les occasions seules peuvent dévoiler.
On souffrirait peu des défauts des autres si l'on ne songeait qu'à corriger les nôtres.
La réputation de bel-esprit n'est souvent qu'une impuissance d'acquérir celle d'un grand-homme.
Peu de chose donne souvent de la réputation, quoique la réputation ne soit pas peu de chose.
On ne croit jamais parler assez lorsqu'on a le sentiment d'être plus intelligent qu'autrui.
Il y a toujours plus d'héroïsme à mépriser les louanges que les injures.
Rien n'est ridicule que ce qui est ignoble.
Les grands parleurs ne peuvent être que de très médiocres contemplatifs.
Plus on est sot, plus on est prêt de devenir fripon sans s'en apercevoir.
Si la sottise n'est pas un vice, c'est souvent quelque chose de pire.
Beaucoup de sots étaient tels qu'ils sont avant de commettre leur première sottise.
Le conseil, drogue innocente à celui qui la donne, rarement salutaire à celui qui la prend.
Qui n'a point d'ennemis est bien souvent un homme sans intérêt.
II est des vérités qu'il faut taire, parce qu'il est des erreurs qu'il faut dévoiler.
L'ennui est plus insupportable aux âmes actives que la douleur.
Nous ne louons presque jamais nos amis sans avoir conçu de nous une opinion supérieure à celle que nous paraissons en avoir.
Le ridicule paraît presque aussi hideux que l'envie.
On conserve longtemps la réputation que l'on a méritée lorsqu'on ne vise pas à celle qu'on ne peut acquérir.
La critique déconcerte le bel-esprit ; le génie ne l'aperçoit pas.
Les pires critiques sont ceux qui ne se sentent pas assez d'étoffe pour faire aussi bien.
La bonne critique est une plante amère dans sa racine, et douce dans son fruit.
Il en est de la critique, comme d'un procès criminel, elle doit se faire à la décharge comme à la charge de l'accusé.
Ne reprochez pas aux hommes d'avoir trop d'amour-propre, leur défaut est souvent de n'en avoir pas assez.
L'habitude d'approfondir nous épargne souvent les écueils du dédain.
La jouissance est plutôt un choix du cœur qu'un présent de la fortune.
Si la moitié des hommes était satisfaite de son état le malheur de l'autre moitié serait double.
II n'est point de ridicule considérable sans un défaut de sentiment.
Les mauvais critiques sont souvent ceux qui ont reçu de la nature un penchant invincible à la satyre.
Le ridicule de l'orgueil est quelquefois plus sensible que son injustice.
Celui qui abandonne une opinion pour une autre se dégoûte bien souvent des deux.
L'opinion nous console souvent lorsque la vérité nous afflige.
La sympathie des esprits est aussi prompte dans les effets que celle des cœurs.
La joie la plus pure est celle des hommes nés sérieux.
Le triste effet de l'émulation est d'éveiller la jalousie.
L'expérience ne se mesure point au nombre des années mais sur l'habitude de réfléchir.
L'expérience ne fortifie la raison que lorsqu'elle ne lui sert pas de supplément.
La réputation d'érudit est quelquefois la marque de l'opiniâtreté.
Tout homme dont la réputation est faite ne se pique de rien.
Le moindre ridicule n'est jamais sans conséquence, ce que l'on ne peut pas assurer d'un défaut.
Un sot avec la plus grande envie d'inspirer de la crainte, n'y parvient presque jamais.
La sottise et l'ignorance sont contagieuses, regardez autour de vous.
Les petites précautions sont souvent les sources de la prospérité.
On promet suivant ses espérances, et on cesse de tenir selon ses craintes.
Tout ce qui est ridicule est voisin du puéril.
Les ennemis les plus dangereux sont ceux que l'on n'a pas mérité d'avoir.
II y a vanité, et vanité : la vanité d'un homme d'esprit ne ressemble point à celle d'un sot.
Le préjugé est la première idole de la paresse.
Il est des vertus qui ne se font respecter que par la force de l'impression de l'exemple.
Les actions des coquettes sont autant de mensonges.
Les mauvaises actions font souvent les mères des meilleures lois.
Il est des actions qui sont d'autant plus grandes que le motif en est plus petit.
Les belles actions sont toujours suspectes chez ceux qui n'en font que d'inutiles.
Rien n'est plus actif que le repos du sage.
Une extrême sensibilité n'est qu'une ignorance du prix des choses.
Le philosophe fait quelquefois politesse au préjugé.
Le vrai philosophe est celui qui peut se passer des leçons de la philosophie.
Rien, à la longue, ne pèse tant à l'âme que sa légèreté naturelle.
L'innocence est une noblesse naturelle.
La haute réputation augmente le ressort du génie, la médiocre l'anéantit.
L'opiniâtreté naît aussi souvent des grandes passions que du vice de l'entendement.
II est aussi utile de connaître les prétentions d'autrui que ridicule de paraître en avoir.
Tout ouvrage qui ne mérite pas des critiques ne peut mériter des admirateurs.
Il y a dans certains hommes une espèce d'instinct qui prévient la réflexion, et leur vaut des égards qu'ils seraient d'ailleurs incapables de mériter.
La finesse ne fut jamais le caractère dominant d'un grand homme.
La finesse est des rivales de la prudence celle qui a le plus de prétentions.
Une envie extrême de passer pour fin fait quelquefois tout le sujet de notre défiance.
L'émulation est comme la sagesse, elle n'est presque jamais ni dépouillée de toute satisfaction intérieure, ni sans récompense.
De l'émulation à l'envie, le trajet est court.
Les louanges qui seules peuvent nous flatter sont celles qui nous laissent entrevoir la perspective du plus haut degré de perfection.
Les vraies louanges sont celles qui fortifient nos vertus.
Les louanges qui contribuent à augmenter notre délicatesse sont les plus rares.
Il y a quelquefois plus de véritable grandeur à mépriser sincèrement les louanges qu'à paraître digne des plus flatteuses.
Les louanges des hommes à prétentions ne sont que des prêts usuraires.
Louer les jeunes gens de certaines qualités, c'est presque toujours les louer d'être ce qu'ils sont.
L'éloge d'un sot déshonore souvent plus qu'une bonne critique.
Un éloge mérité honore encore plus celui qui le donne que celui qui le reçoit.
Ceux qui disent ce qu'il faut taire taisent quelquefois aussi ce qu'il faut dire.
On réfléchit toujours trop ou trop peu lorsqu'on est né timide.
Peu de gens savent écouter, parce que peu de gens savent poser des questions.
II en coûte plus pour apprendre à écouter que pour savoir se taire.
Qui ne sait pas écouter a peu d'auditeurs.
II est un silence menteur.
Plus le médisant se connaît de défauts, plus sa fréquentation est dangereuse.
La médisance est un vice dont les moindres effets sont de déshonorer deux personnes.
La médisance est un torrent qui contracte toujours l'odeur des canaux où il passe.
L'habitude de la médisance est la manie de ceux qui ont peu d'idées.
Le tyran de la conversation ne le cède qu'à un autre plus orgueilleux que lui.
La réforme d'un abus est quelquefois l'effet des préjugés.